dimanche 12 avril 2026

À propos de colliers....


Un homme "franc du collier", "donner un coup de collier", autant d’expressions déjà en usage au XVIIIe siècle et qui ont survécu jusqu’à nos jours. D’autres, en revanche, ont disparu : on affirmait par exemple de quelqu’un ayant une grande autorité, que c'était "un chien au grand collier",  et on disait avec humour d’un homme marié qu’il avait "pris le collier de misère" !

Mais concentrons-nous sur l’ornement féminin ; et là, méfiance ! Au XVIIIe siècle, fabriquer un collier était l’affaire des lapidaires et autres joaillers vendant des perles fines (comprendre : véritables). Car il fallait se méfier des « pâtenôtriers », ces ouvriers qui produisaient des chapelets, des boutons… et des pierres fausses !

Mais, en matière de collier, on pouvait aussi faire simple : les marchandes de mode donnaient le nom de collier à un ornement de cou composé quelquefois d’un seul ruban, fait de tissus divers, de crin garni de ruban, de blonde (une dentelle de soie dont on faisait souvent les bonnets), de souci d’hanneton (en passementerie, franges qui portent de petites houppes), etc.

Les noms des colliers dépendaient de leurs formes, et le moindre changement de celle-ci suffisait à changer le nom : collier à la dauphine, en esclavage, d’un seul rang… Ce dernier, composé de ruban bouillonné et en chou, orné sur le devant d’un nœud à quatre, se voit souvent sur les portraits des belles dames. Quant aux hommes, le XIXe siècle les verra abandonner le collier ornemental, sous l’influence du protestantisme, dit-on. La mode en reviendra plus tard, au siècle suivant, aperçu par l’échancrure de la chemise sur le poitrail velu des séducteurs de discothèque…

Illustrations : quelques exemples de colliers au XVIIIe siècle.

 







 

lundi 30 mars 2026

Hymen.

"Ah ! lui dis-je, en me débarrassant de ses bras, c’en est trop, Monsieur, vous me fatiguez, laissez-moi : si vous vous êtes flatté de me voir répondre à vos vœux, perdez un espoir qui vous abuse ; il n’est rien que je ne fasse pour me soustraire à un hymen que j’abhorre."

(Mémoires de Mlle de Benneval, 1738)

Illustration : Jean-Frédéric Schall : "Quand l’hymen dort, l’amour veille", vers 1780. On voit le mari assoupi, et l’épouse adressant un signe à son amant caché derrière un arbre, lui indiquant qu’elle glisse un billet – cacheté - dans le carquois de la statue de Cupidon…

La scène montre une partie du parc de l’Élysée. L’ancien hôtel de Mme de Pompadour, - précédemment hôtel d’Évreux et aujourd’hui Palais de l’Élysée – avait été racheté en 1773 par le riche banquier bordelais Beaujon. Hydropique, se mouvant avec difficulté, il aimait s'entourer de jeunes et jolies infirmières dont il exigeait une exclusivité platonique qui, à en croire le tableau, n'était pas toujours respectée. On reconnait le banquier, avec sa canne, et à l'arrière-plan la fontaine aux Lions, à laquelle Pâris n'avait pas encore ajouté son rocher décoratif. (Cette anecdote est rappelée sur le site internet de l’Élysée).

 


vendredi 27 mars 2026

Mon oncle !

— Mon oncle ! L’Empereur doit avoir en tête d’autres soucis que moi, dont plus personne à part toi ne se souvient de l’existence.

— Lourde erreur, Alauda… Vespasien a missionné des hommes redoutables pour liquider les derniers responsables encore vivants des guerres qui ont suivi le suicide de Néron, et qui ont précédé son accession au pouvoir, durant ce qu’on appelle l’année des Quatre Empereurs… 

La jeune femme éclate de rire :

— Je ne suis quand même pas de ceux qui ont allumé l’incendie qui a ravagé l’empire ! 

 

Extrait de "Alauda, l’alouette qui faisait danser les ours", par Bernard Grandjean, Éditions du 38.

https://www.editionsdu38.com/historique/503-alauda-l-alouette-qui-faisait-danser-les-ours.html

Illustration : buste de l’Empereur Vespasien, Musée Archéologique National de Naples. Il est vrai que représenté ainsi, l'Empereur présente une allure très bienveillante !


 

 

 

jeudi 19 mars 2026

Luise encore....

 Toujours à propos de cette chère reine Luise, voici quelques (médiocres) photos que j'avais prises en 2016 de son mausolée, dans le parc du château de Charlottenburg à Berlin...




 

 

jeudi 12 mars 2026

Cette chère Luise...

L’Allemagne célèbre les 250 ans de la naissance de la reine Luise de Prusse (1776-1810). Née von Mecklenburg-Strelitz, Luise épousa en 1793 le roi Frédéric Guillaume III. Napoléon, qu’elle tenta d’amadouer pour préserver les intérêts de la Prusse, ne pouvait pas la souffrir... Elle est restée très populaire en Allemagne. Luise est sans conteste – de mon point de vue ! – la plus jolie reine qu’ait connue l’Europe. En conséquence de quoi j’ai donné son prénom à l’héroïne de la série des Chroniques de Rosling… 


 

lundi 9 mars 2026

Verrerie...

"Avisant deux esclaves qui arrivent du débarcadère en poussant une charrette, il les interroge :

— Savez-vous où se trouve l’atelier du verrier Higinius ?

— Justement, on va décharger ces blocs de verre chez lui. Tu n’as qu’à nous suivre ! "

Extrait de Alauda, l’alouette qui faisait danser les ours, par Bernard Grandjean, Éditions du 38. 

Le roman est à retrouver ici:

 https://www.editionsdu38.com/historique/503-alauda-l-alouette-qui-faisait-danser-les-ours.html

Illustration : verrerie gallo-romaine. Musée de Saint-Germain-en-Laye.

 


 

mercredi 4 mars 2026

Le château des Nymphes...

  "Situé en rase campagne, à plusieurs lieues de Munich, le Schloss Nymphenburg, ou Château des Nymphes, était la résidence d’été des Princes-Électeurs du puissant État de Bavière. Construit autour d’un pavillon central en forme de villa italienne, il n’en finissait plus de s’étendre au fil du temps par l’ajout de nouvelles ailes, si bien qu’il comptait déjà à l’époque parmi les plus importants palais royaux d’Europe."

 Extrait de LA PROMESSE DU TEMPS – Les chroniques de Rosling - 3, par Bernard Grandjean, aux Éditions du 38. À commander à votre libraire ou à retrouver ici, (en broché ou numérique) ou sur les sites marchands :

https://www.editionsdu38.com/fr/romance/610-les-ombres-du-chateau-les-chroniques-de-rosling-2.html

Illustration : Le château de Nymphenburg (photo de l’auteur).


 

À propos de colliers....

Un homme "franc du collier", "donner un coup de collier", autant d’expressions déjà en usage au XVIIIe siècle et qui ont...