"Tête de jeune fille regardant vers le bas à droite" - François Boucher, collection privée.
Voilà bien ce qu’au XVIIIe siècle, on appelait un minois à déranger la tête de Jupiter !
"Tête de jeune fille regardant vers le bas à droite" - François Boucher, collection privée.
Voilà bien ce qu’au XVIIIe siècle, on appelait un minois à déranger la tête de Jupiter !
"Le commencement de ma vie a été un tissu d’horreurs ; mais quoi qu’il en coute à mon amour propre, je te dois confidence pour confidence, leçon pour leçon. Écoute donc, ma chère Thérèse, le récit de mes aventures, en t’instruisant des caprices des hommes qu’il est bon que tu connaisses, pour continuer aussi à te confirmer qu’en effet le vice et la vertu dépendent du tempérament et de l’éducation…"
(Boyer d’Argens, Thérèse Philosophe, 1748.)
"…Mais conviens aussi que la bonne femme était peu prudente avec nous ; qu'elle nous faisait sans nécessité les confidences les plus indiscrètes ; qu'elle nous entretenait sans cesse des maximes de la galanterie, des aventures de sa jeunesse, du manège des amants ; et que, pour nous garantir des pièges des hommes, si elle ne nous apprenait pas à leur en tendre, elle nous instruisait au moins de mille choses que des jeunes filles se passeraient bien de savoir."
(J-J. Rousseau, La Nouvelle Héloïse, 1761).
"Il fut un temps, sous Louis XV, où les espions étaient si multipliés, qu'il était défendu à des amis qui se réunissaient ensemble, d'épancher mutuellement leurs cœurs sur des intérêts qui les affectaient vivement. L'inquisition ministérielle avait mis ses sentinelles à la porte de toutes les salles, & des écouteurs dans tous les cabinets ; on punissait, comme des complots dangereux, des confidences naïves, faites par des amis à des amis, & destinées à mourir dans le lieu même qui les avait reçues."
(Louis Sébastien Mercier, Tableau de Paris, 1782.)
Illustration : François Boucher, Les deux Confidentes (détail) 1750, National Gallery Washington.
Voici l’été, les fortes chaleur, et heureusement la fraicheur de l’eau des ruisseaux…
"La baigneuse
Au bord d’une onde transparente
Lise était avec ses moutons.
Loin des loups et loin des garçons,
Disait la bergère innocente,
On dort sans peur sur ces gazons.
Fillettes, folettes,
Craignez les amants rusés ;
Craignez les loups déguisés.
Je puis, dis Lise, étant seulette,
Me baigner dans ce clair ruisseau.
Lise quitte au pied d’un ormeau
Son court jupon, sa collerette :
Puis la belle se met dans l’eau.
Colin regardait la bergère
Par les jours d’un léger buisson.
Avec adresse le fripon
Se glisse à travers la fougère,
Vient à l’ormeau, prend le jupon.
Lise sans jupon au village
Ne pouvait pas s’en retourner.
Colin dit que pour un baiser
Il cessera le badinage :
Lise promet de le donner.
Enfin sur l’émail de la rive,
Se termine le marcher fait.
Lise comptait sur le secret,
Comme aux filles il arrive.
L’heureux Colin fut indiscret."
Extrait de "Le fond du sac", recueil de contes galants en vers des XVIIe et XVIIIe siècle.
Illustration : La baigneuse surprise, François Boucher, 1742, Dijon, musée des beaux-arts.
"M. de *** sentit une joie extrême en me voyant. Il me prit gaiement dans ses bras, m'appuyant un gros baiser, badina un peu lourdement avec mon fichu, voulut rire sérieusement, fut vivement repoussé, entra en pourparlers, fit des propositions, me représenta la conduite de sa femme qui le trouvait trop mari, me fit sentir le besoin qu'il avait d'une petite consolation comme moi, en vint à des offres réelles, me tenta et m'arracha un demi-consentement que je promis tout entier après deux jours de réflexion, c'est-à-dire jusqu'à mon premier voyage. Content de ma promesse, il me laissa partir, et je revins toute rêveuse à la maison."
(Jean-Baptiste Choudart-Desforges,1798)
Illustration : François Boucher, La rêveuse, vers 1760. Source : Residenzgalerie, Salzburg.
Jacques Firmin Beauvarlet a tiré de ce tableau une jolie gravure, qui porte en pied les vers suivants :
"Tout, jusqu’à l’air qu’on y respire,
Sert à l’Amour dans ce lieu plein d’attraits.
Gardez-vous d’y rêver trop longtemps… Oh Thémire,
Ce Dieu malin pour vous séduire
Sous des fleurs à vos pieds s’est caché tout exprès."
"(…) joint à cela que j’étais fort à mon aise, car il ne me restait de mon déshabillé qu’un petit jupon de bazin, dont notre agitation rompit les cordons. Il semble que le diable choisisse toujours cet instant pour faire quelques niches aux filles ; mon amant en profita : nous étions au pied du lit, il me prit… Je ne pouvais crier sans réveiller ma tante… Oui, il me prit entre ses bras, et me renversa sans pitié sur mon lit, où il se trouva aussitôt que moi. Le traître ne m’y tenait plus les mains… occupé à vaincre une résistance qui augmentait le prix de son bonheur, il devint heureux et me mit bientôt par son ardeur au point de lui demander moi-même ce qu’auparavant je faisais semblant de lui refuser. Ce sont de ces situations où il n’y a point de jolies femmes qui n’excusent la faute qu’elles entraînent : je m’en rapporte à celles qui liront mes aventures. Ce passage de ma vie doit infailliblement leur rappeler quelque moment de la leur."
(Les égarements de Julie, conte moral, 1756, attribué à Claude-Joseph Dorat, 1734-1780)
Illustration : La résistance inutile, par Jean-Honoré Fragonard (1732-1806). Huile sur toile. Dimension : 45x60,5 cm. Nationalmuseum Stockholm
L’Orlando furioso (Roland furieux) de l’Arioste nous raconte comment Angélique, fille du roi de Chine, courtisée par de nombreux chevali...