Mlle Deschamps, (1730-1764) était une comédienne, et surtout une courtisane célèbre. À une période de sa vie, se trouvant dans la gêne, elle vendit ses meubles. Cette vente fit sensation. Les années passant, elle deviendra une usurière qu’aucun argument ne pouvait attendrir... Favart (célèbre auteur en son temps pour le théâtre et l’opéra, 1710-1792) évoque cette fille dans ses Mémoires :
" La demoiselle Deschamps, ci-devant médiocre figurante à l'Opéra, pour réparer les brèches que le luxe le plus insolent et le plus outré avait faites à sa fortune, commença, il y a quelques années, par vendre une partie de son mobilier, qui était de la plus grande richesse. (...) Parmi beaucoup de meubles superbes, restes de la magnificence d'un de nos princes du sang, qui n'avait pas dédaigné des appas flétris par 20 ans de service dans l'art de Phryné, il fut vendu une baignoire d'argent massif, dont on devine bien l'usage, ornée d'une garniture de dentelle d'Angleterre qui fut achetée par une duchesse et transportée sur sa toilette."
On trouve dans le Journal des inspecteurs de Monsieur de Sartines de nombreux échos de la vie scandaleuse de Mlle Deschamps :
"Le fils d’un riche financier se trouvant au petit lever de la Deschamps, fut tellement épris de son lit, qui lui semblait respirer la volupté, qu’il lui proposa de l’acheter sur-le-champ, dans le beau désordre où il se trouvait, avec promesse de coucher dès le soir même dans les mêmes draps, ce qui était un article important du marché. Le lit lui fut vendu 5,000 francs, circonstances et dépendances, et fut payé une heure après."
Le tableau libertin de Pierre-Antoine Baudoin ci-dessous (collection privée) pourrait illustrer la scène !

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