Rosalba Carrera (1675-1757), la plus grande femme artiste
vénitienne du XVIIIe siècle, imposa en France, lors de son séjour à
Paris en 1720-21, la mode du portrait au pastel. Elle y fut accablée de
commandes et d’honneurs, tant les Hyacinthe Rigault, Watteau,
Maurice-Quentin de la Tour, etc., de même que les grands seigneurs de
son époque, jusqu’au Régent, l’admiraient.
Sa virtuosité était
impressionnante : le portrait était exécuté sans le moindre dessin préalable.
Ses couleurs suaves et ses nymphes vaporeuses feront école. On lui
reprochait parfois d’enjoliver le modèle, mais si les portraits féminins
de Rosalba sont souvent empreints d’un érotisme charmant, ses
autoportraits sont sans concession.
Au XVIIIe siècle, les scènes
bibliques ou mythologiques étaient des moyens commodes de contourner la
censure, mais on peut légitimement se demander ce que Rosalba a vraiment
voulu illustrer avec sa «charité embrassant la justice» (toile
disparue, seulement connue par une gravure). Certaines de ses
allégories, comme cet automne avec petit lapin, sont tout aussi
ambigües.
Rosalba Carriera, femme célibataire et aimant voyager,
disait « fuir les libertins ». Néanmoins, ses œuvres, commandes
d’aristocrates des deux sexes, adressent souvent un clin d’œil appuyé à
leurs passions…
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| Rosalba Carriera : Allégorie de l’automne. |
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| Rosalba Carriera : La charité embrassant la vertu |