lundi 13 mai 2019

Pastel

Rosalba Carrera (1675-1757), la plus grande femme artiste vénitienne du XVIIIe siècle, imposa en France, lors de son séjour à Paris en 1720-21, la mode du portrait au pastel. Elle y fut accablée de commandes et d’honneurs, tant les Hyacinthe Rigault, Watteau, Maurice-Quentin de la Tour, etc., de même que les grands seigneurs de son époque, jusqu’au Régent, l’admiraient. 
Sa virtuosité était impressionnante : le portrait était exécuté sans le moindre dessin préalable. Ses couleurs suaves et ses nymphes vaporeuses feront école. On lui reprochait parfois d’enjoliver le modèle, mais si les portraits féminins de Rosalba sont souvent empreints d’un érotisme charmant, ses autoportraits sont sans concession.
Au XVIIIe siècle, les scènes bibliques ou mythologiques étaient des moyens commodes de contourner la censure, mais on peut légitimement se demander ce que Rosalba a vraiment voulu illustrer avec sa «charité embrassant la justice» (toile disparue, seulement connue par une gravure). Certaines de ses allégories, comme cet automne avec petit lapin, sont tout aussi ambigües.
Rosalba Carriera, femme célibataire et aimant voyager, disait « fuir les libertins ». Néanmoins, ses œuvres, commandes d’aristocrates des deux sexes, adressent souvent un clin d’œil appuyé à leurs passions…

Rosalba Carriera : Allégorie de l’automne.

Rosalba Carriera : La charité embrassant la vertu

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