mardi 11 juin 2019

Éros et Thanatos


Clemente Susini, (1754-1814) était sculpteur et anatomiste à Florence. Il nous a laissé des corps en cire d’un réalisme étonnant, à couches multiples, grâce auxquels les étudiants en médecine de son temps pouvaient s’initier aux mystères de l’anatomie. Ces sculptures atteignent parfois la qualité de véritables œuvres d’art.
L’une des plus connues est la "Vénus anatomique" (par analogie à la célèbre Vénus des Médicis), réalisée en 1781-82. Mais cette Vénus, parée d’un touchant collier de perles, interroge. Son visage extasié me rappelle une certaine toile de Jean-Baptiste Greuze, ainsi qu’un sanguine très voisine intitulée "volupté" : même cheveux dénoués, même visage chaviré, même bouche entrouverte… La jeune femme de Susini semble ainsi offerte tout aussi bien au plaisir des sens qu’à la science médicale… L’extraordinaire sculpteur aurait-il anticipé sur le couple freudien d'Éros et Thanatos ?






lundi 3 juin 2019

Diane était nue !

"Il lui tendit le livre ouvert. Le modèle avait posé sensiblement dans la même attitude que la jeune fille de Fragonard qu’elle venait d’incarner pour lui. Mais à la différence de celle-ci, Diane était complètement nue.
— Hans-Martin, vous attendez beaucoup de moi..."

 
                                       Extrait de « La demoiselle de Rosling », aux Éditions du 38



François Boucher, femme nue couchée sur un lit, Musée de Besançon.

mardi 28 mai 2019

Dépêchez-vous !

Dépêchez-vous, le mois du polar aux Éditions du 38 se termine ! Pour lire les enquêtes de Gopika en version numérique pour seulement 155 Roupies, enfin, je veux dire, 1,99 Euros pièce, il ne reste plus que quelques jours ! Mettez les vite sur votre tablette avant les longues journée grises et humides de la mousson !

https://www.editionsdu38.com/les-auteurs/bernard-grandjean/


lundi 27 mai 2019

Payons nos impôts !

À la différence d’aujourd’hui, au temps de la demoiselle de Rosling les contribuables français aimaient payer leurs impôts, comme le montre le texte de cette gravure :
"D’une taxe légère la douceur on impose
À un peuple tout prêt d’en accepter la loi
Heureux si l’on pouvait pour si modique chose
Acheter une paix aux vœux de notre Roi"
La « taxe par teste » (capitation) fut instaurée en 1695 sous Louis XIV pour financer les guerres royales. Supprimée 1698, elle fut recréée en 1701 pour financer la guerre de succession d’Espagne. Elle connut plusieurs augmentation au fil du temps et ne disparaîtra qu’en 1791, remplacée par la contribution mobilière.
Ne nous fions pas à cette gravure et son poème si bienveillant : il s’agit ici de propagande royale, destinée à faire passer la pilule…

 https://www.amazon.fr/demoiselle-Rosling-Bernard-Grandjean-ebook/dp/B01MY7A8DZ/ref=tmm_kin_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=1455113932&sr=1-2

lundi 20 mai 2019

La mode leopard...

Au XVIIIe siècle, le motif léopard était très à la mode, en tissu imprimé quand il ne s'agissait pas de la fourrure de l'animal... Cela valait autant pour les femmes que pour les hommes, sauf que pour ces derniers, c'était tout l'habit qui pouvait être "léopard" ! En somme, Tarzan est un personnage très XVIIIe...





lundi 13 mai 2019

Pastel

Rosalba Carrera (1675-1757), la plus grande femme artiste vénitienne du XVIIIe siècle, imposa en France, lors de son séjour à Paris en 1720-21, la mode du portrait au pastel. Elle y fut accablée de commandes et d’honneurs, tant les Hyacinthe Rigault, Watteau, Maurice-Quentin de la Tour, etc., de même que les grands seigneurs de son époque, jusqu’au Régent, l’admiraient. 
Sa virtuosité était impressionnante : le portrait était exécuté sans le moindre dessin préalable. Ses couleurs suaves et ses nymphes vaporeuses feront école. On lui reprochait parfois d’enjoliver le modèle, mais si les portraits féminins de Rosalba sont souvent empreints d’un érotisme charmant, ses autoportraits sont sans concession.
Au XVIIIe siècle, les scènes bibliques ou mythologiques étaient des moyens commodes de contourner la censure, mais on peut légitimement se demander ce que Rosalba a vraiment voulu illustrer avec sa «charité embrassant la justice» (toile disparue, seulement connue par une gravure). Certaines de ses allégories, comme cet automne avec petit lapin, sont tout aussi ambigües.
Rosalba Carriera, femme célibataire et aimant voyager, disait « fuir les libertins ». Néanmoins, ses œuvres, commandes d’aristocrates des deux sexes, adressent souvent un clin d’œil appuyé à leurs passions…

Rosalba Carriera : Allégorie de l’automne.

Rosalba Carriera : La charité embrassant la vertu

Éros et Thanatos

Clemente Susini, (1754-1814) était sculpteur et anatomiste à Florence. Il nous a laissé des corps en cire d’un réalism...