jeudi 30 juin 2022

Scène d'été...

Cette gravure de 1784 montre une jolie fille nommée Musidora, sommeillant au bord de l’eau par une chaude fin d’après-midi d’été. La gravur
e présente en pied quelques vers tirés d’un poème publié en 1727, "Les quatre saisons : l’été", de James Thomson (poète écossais, 1700-1748). Il raconte l’histoire d’un terrible drame de conscience : un jeune homme aperçoit sans le vouloir Musidora qui se baigne nue. Il est alors partagé entre son désir de la contempler et le besoin moral qu'il éprouve de devoir détourner le regard. Cornélien, non ?
Le personnage de Musidora connut un succès considérable, et fut repris par la suite par de nombreux célèbres peintres et poètes. En Grande-Bretagne, on la qualifia même de Vénus nationale de substitution !
Le succès de la belle Musidora dépassa le cadre britannique : en 1838, son nom apparaît comme celui d’un personnage du roman de Théophile Gautier, Fortunio. Elle y est dite "la belle aux yeux vert de mer"…
Le peintre anglais William Etty (1787-1849) a réalisé à partir de 1843 une série de quatre toiles à peu près identiques, montrant Musidora se baignant dans le plus simple appareil (le titre complet est : "Musidora : la baigneuse alarmée par la caresse du vent ")…
Le nom Musidora a été repris plus tard par une vedette française du cinéma muet, Jeanne Roques (1889-1957), qui l’avait découvert dans le roman de Théophile Gautier. Musidora joua dans des film célèbres, Les vampires (1915) et Judex (1916) de Louis Feuillade. Dans Les Vampires, son personnage se nomme Irma Vep, l’anagramme de vampire !
En Grande-Bretagne, il faudra attendre longtemps avant que Musidora ne cède la vedette, en matière de jolies filles nue, à une jeune rivale, Lady Godiva, appelée elle-ausi à un bel avenir. …
 



 

 

dimanche 19 juin 2022

Canicule !

Avec les Jets D'eau, (vers 1765-70), Jean-Honoré Fragonard met son art au service d’une innovation technique.

D’une trappe du plancher de la chambre ont surgi deux clystères, qui arrosent trois jeunes filles sur le point de se mettre au lit. Par la lucarne, une servante, munie d’un chandelier à abat-jour, éclaire la scène. Certaines versions de la gravure comportent un poème ajouté en dessous, asse médiocre il faut bien le reconnaître :
"Cessez jeunes Beautés d’opposer un rideau
À cette invention gentille
Pour éteindre le feu qui dans vos yeux pétille
Il faudrait bien d’autres jets d’eau !"
Pour ma part, je préfère y voir le détournement d’un épisode de canicule d’avant l’invention de la climatisation.
 

 

vendredi 17 juin 2022

Un art assez oublié...

Exemple d’une toile de peintre célèbre rapidement multipliée en gravures : le chiffre d’amour. La gravure est de Nicolas de Launay, à partir d’une peinture de Fragonard (Huile sur bois, vers 1776/1778) conservée à la Wallace Collection à Londres.

Wikipédia nous rappelle que 

 

"le chiffre d'une personne est ses initiales, lorsque ces dernières sont écrites en lettrines ou dans un style particulier et reconnaissable. Les chiffres sont des lettres, et pourtant, celles-ci se rapprochent des armoiries ou du blason de par leur caractère signalétique : on peut faire broder ses chiffres sur ses mouchoirs, ses serviettes, ou sur tout son linge". 

 

On faisait aussi graver son chiffre sur son argenterie. Voici un art assez oublié. Avoir son chiffre gravé sur la coque de son téléphone portable aurait pourtant de la classe, non ?

 



 


vendredi 10 juin 2022

Confusion !

"Elle avait songé de façon tout à fait anachronique qu’il avait l’allure à la fois nonchalante et inquiétante d’un personnage de Western..."

Extrait de "le Voyage de Ziska", collection Incursions Temporelles, Éditions du 38
 

 

samedi 4 juin 2022

La bascule...

En dépit des orages, restons dans les images d’été ! Voici La bascule (comprendre, la balançoire).

Cette gravure de Jacques-Firmin Beauvarlet (Abbeville, 1731 - Paris, 1797) date de 1760. Elle est inspirée d’une toile de Fragonard des années 1750-55, qui faisait à l’origine partie d’une paire (avec un colin-maillard) et se trouve actuellement au Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid. On voit qu’il ne fallait guère de temps pour que les œuvres des grands maîtres se multiplient en gravures et circulent dans de nombreux milieux.

La gravure est agrémentée d’un poème :

 

À peine sortons nous de la timide enfance

Que déjà les Amours se mêlent à nos jeux.

On le voit bien ici, ce n’est qu’aidé par eux,

Que ce jeune berger fait pencher la balance.

 



 

lundi 30 mai 2022

Tennis !

L'actualité du tournois de tennis de Roland-Garros ne doit pas nous faire oublier que le XVIIIe siècle comptait déjà des champions de la paume et de la raquette. La demoiselle de Rosling les admirait beaucoup.


  Pierre-Antoine Quillard, 1701-1733.

 

Scène d'été...

Cette gravure de 1784 montre une jolie fille nommée Musidora, sommeillant au bord de l’eau par une chaude fin d’après-midi d’été. La gravur ...