mardi 19 mai 2026

Le moine volant !

On remarque sur la fresque du plafond de l’extraordinaire bibliothèque de l’abbaye de Schussenried (voir un post précédent) une peinture peu banale : un moine, pourvu d’ailes pareilles à celles d'un ange, s’apprête à s’envoler !

Il s’agit du frère Caspar Mohr, qui avait mis au point au XVIIe siècle un dispositif digne d’Icare qui, pensait-il, allait lui permettre de voler ! On dit que le supérieur du monastère parvint à le retenir de justesse, du bout de son habit, alors qu’il allait s’élancer d’une fenêtre... pour aller s’écraser dans la cour trois étages plus bas…

En 1757, le peintre Franz Georg Hermann s’est amusé à représenter cette scène restée mythique au monastère, dont le téméraire Caspar Mohr est une figure célèbre ! (Photo de l'auteur).

 


 

 

 

vendredi 15 mai 2026

Relecture...

Dans le calme de la campagne humide, relecture du manuscrit d'un roman qui serait la suite de "Rêves brisés à Bollywood" (avec certains personnages récurrents, dont la jeune policière Mary et le Tibétain Pemba). L'histoire est centrée sur l'art étrange d'une tribu aborigène de l'Inde, les Warli, qui peint depuis la nuit des temps. Ci-dessous, vue d'un abri-sous-roche du site de Bhimbetka (8 000 avant J.C.)


 

mardi 12 mai 2026

La bibliothèque de l’abbaye de Schussenried...

La bibliothèque de l’abbaye de Schussenried, conçue par l’architecte Dominikus Zimmermann au milieu du XVIIIe siècle, est un chef-d’œuvre de l’art baroque de l’Allemagne du Sud. Elle possédait plus de 20 000 ouvrages, transportés à Stuttgart depuis la sécularisation de 1803. Cette bibliothèque était en son temps l’une des plus importantes en langue germanique.

Ses statues qui la décorent sont faites en stuc d’albâtre. Les groupes de putti, qui représentent ce que les moines prémontrés du XVIIIe siècle considéraient comme des « croyances erronées », sont particulièrement amusants. On reconnait l’Islam – des petits Turcs dont l’un tient un sabre – le Judaïsme – l’un est coiffé d’un chapeau pointu -, la philosophie des Lumières – l’un porte une perruque et pointe une page de livre – ou encore les épicuriens, deux putti portant des plats chargés de victuailles !

Parmi les fresques du plafond (Franz Georg Hermann, 1757), l’une est également très amusante : elle représente le frère Caspar Mohr, un moine du XVIIe siècle qui faillit être… l’ancêtre de Blériot ! Mais c’est une autre histoire, que je raconterai la prochaine fois…

 




 
 



 

 

samedi 25 avril 2026

Séduction !

"Les deux sexes ont en commun les vertus et les vices. La vertu a quelque chose de plus aimable dans les femmes, et leurs fautes sont plus dignes de grâce par la mauvaise éducation qu’elles reçoivent. Dans l’enfance on leur parle de leurs devoirs, sans leur en faire connaître les vrais principes ; les amants leur tiennent bientôt un langage opposé. Comment peuvent-elles se garantir de la séduction ?"

Extrait des Confessions du Comte de ***, par Charles Duclos, 1741.

Illustration : Jeanne-Philiberte Ledoux (1767-1840), allégorie de la séduction – Collection privée.

Jeanne-Philiberte Ledoux fut une élève de Greuze (1725-1805). Elle exposa dans les salons jusqu’en 1819 après quoi elle disparut des registres. Elle mena une modeste carrière de portraitiste, s'adressant uniquement à une clientèle bourgeoise. Ses toiles étant rarement signées ou datées, certaines peuvent avoir été attribuées à tort à son maître Greuze. Elles sont exposées dans différents musées, mais la plupart se trouvent dans des collections privées, ce qui rend très difficile une étude complète de son œuvre.

 


 

 

dimanche 19 avril 2026

Le château des Nymphes...

"Situé en rase campagne, à plusieurs lieues de Munich, le Schloss Nymphenburg, ou Château des Nymphes, était la résidence d’été des Princes-Électeurs du puissant État de Bavière. Construit autour d’un pavillon central en forme de villa italienne, il n’en finissait plus de s’étendre au fil du temps par l’ajout de nouvelles ailes, si bien qu’il comptait déjà à l’époque parmi les plus importants palais royaux d’Europe."

Extrait de La promesse du temps – Les chroniques de Rosling - 3, par Bernard Grandjean, aux Éditions du 38.

À commander à votre libraire ou à retrouver ici, (en broché ou numérique) ou sur les sites marchands :

https://www.editionsdu38.com/fr/romance/610-les-ombres-du-chateau-les-chroniques-de-rosling-2.html

 

Illustration : Le palais de Nymphenburg (photo de l’auteur).


 

 

 

mardi 14 avril 2026

Le Cernunnos Nemeton...

— Le Cernunnos Nemeton est un lieu très saint, lui a dit Lucia. Les hommes en ont peur et ne franchiraient pour rien au monde la limite sacrée. Seules les femmes vont y prier, pour implorer une guérison, ou un enfant. Si vraiment tu dois partir d’ici, c’est un bon refuge : au moins, tu peux être sûre qu’aucun homme n’osera aller t’y chercher ! 

Extrait de Alauda, l’alouette qui faisait danser les ours, de Bernard Grandjean, aux Éditions du 38. À retrouver par exemple ici:

https://www.editionsdu38.com/fr/historique/503-alauda-l-alouette-qui-faisait-danser-les-ours.html

 

Illustration : fresque romaine, 1er siècle après J.-C.

 


 

dimanche 12 avril 2026

À propos de colliers....


Un homme "franc du collier", "donner un coup de collier", autant d’expressions déjà en usage au XVIIIe siècle et qui ont survécu jusqu’à nos jours. D’autres, en revanche, ont disparu : on affirmait par exemple de quelqu’un ayant une grande autorité, que c'était "un chien au grand collier",  et on disait avec humour d’un homme marié qu’il avait "pris le collier de misère" !

Mais concentrons-nous sur l’ornement féminin ; et là, méfiance ! Au XVIIIe siècle, fabriquer un collier était l’affaire des lapidaires et autres joaillers vendant des perles fines (comprendre : véritables). Car il fallait se méfier des « pâtenôtriers », ces ouvriers qui produisaient des chapelets, des boutons… et des pierres fausses !

Mais, en matière de collier, on pouvait aussi faire simple : les marchandes de mode donnaient le nom de collier à un ornement de cou composé quelquefois d’un seul ruban, fait de tissus divers, de crin garni de ruban, de blonde (une dentelle de soie dont on faisait souvent les bonnets), de souci d’hanneton (en passementerie, franges qui portent de petites houppes), etc.

Les noms des colliers dépendaient de leurs formes, et le moindre changement de celle-ci suffisait à changer le nom : collier à la dauphine, en esclavage, d’un seul rang… Ce dernier, composé de ruban bouillonné et en chou, orné sur le devant d’un nœud à quatre, se voit souvent sur les portraits des belles dames. Quant aux hommes, le XIXe siècle les verra abandonner le collier ornemental, sous l’influence du protestantisme, dit-on. La mode en reviendra plus tard, au siècle suivant, aperçu par l’échancrure de la chemise sur le poitrail velu des séducteurs de discothèque…

Illustrations : quelques exemples de colliers au XVIIIe siècle.

 







 

lundi 30 mars 2026

Hymen.

"Ah ! lui dis-je, en me débarrassant de ses bras, c’en est trop, Monsieur, vous me fatiguez, laissez-moi : si vous vous êtes flatté de me voir répondre à vos vœux, perdez un espoir qui vous abuse ; il n’est rien que je ne fasse pour me soustraire à un hymen que j’abhorre."

(Mémoires de Mlle de Benneval, 1738)

Illustration : Jean-Frédéric Schall : "Quand l’hymen dort, l’amour veille", vers 1780. On voit le mari assoupi, et l’épouse adressant un signe à son amant caché derrière un arbre, lui indiquant qu’elle glisse un billet – cacheté - dans le carquois de la statue de Cupidon…

La scène montre une partie du parc de l’Élysée. L’ancien hôtel de Mme de Pompadour, - précédemment hôtel d’Évreux et aujourd’hui Palais de l’Élysée – avait été racheté en 1773 par le riche banquier bordelais Beaujon. Hydropique, se mouvant avec difficulté, il aimait s'entourer de jeunes et jolies infirmières dont il exigeait une exclusivité platonique qui, à en croire le tableau, n'était pas toujours respectée. On reconnait le banquier, avec sa canne, et à l'arrière-plan la fontaine aux Lions, à laquelle Pâris n'avait pas encore ajouté son rocher décoratif. (Cette anecdote est rappelée sur le site internet de l’Élysée).

 


vendredi 27 mars 2026

Mon oncle !

— Mon oncle ! L’Empereur doit avoir en tête d’autres soucis que moi, dont plus personne à part toi ne se souvient de l’existence.

— Lourde erreur, Alauda… Vespasien a missionné des hommes redoutables pour liquider les derniers responsables encore vivants des guerres qui ont suivi le suicide de Néron, et qui ont précédé son accession au pouvoir, durant ce qu’on appelle l’année des Quatre Empereurs… 

La jeune femme éclate de rire :

— Je ne suis quand même pas de ceux qui ont allumé l’incendie qui a ravagé l’empire ! 

 

Extrait de "Alauda, l’alouette qui faisait danser les ours", par Bernard Grandjean, Éditions du 38.

https://www.editionsdu38.com/historique/503-alauda-l-alouette-qui-faisait-danser-les-ours.html

Illustration : buste de l’Empereur Vespasien, Musée Archéologique National de Naples. Il est vrai que représenté ainsi, l'Empereur présente une allure très bienveillante !


 

 

 

jeudi 19 mars 2026

Luise encore....

 Toujours à propos de cette chère reine Luise, voici quelques (médiocres) photos que j'avais prises en 2016 de son mausolée, dans le parc du château de Charlottenburg à Berlin...




 

 

jeudi 12 mars 2026

Cette chère Luise...

L’Allemagne célèbre les 250 ans de la naissance de la reine Luise de Prusse (1776-1810). Née von Mecklenburg-Strelitz, Luise épousa en 1793 le roi Frédéric Guillaume III. Napoléon, qu’elle tenta d’amadouer pour préserver les intérêts de la Prusse, ne pouvait pas la souffrir... Elle est restée très populaire en Allemagne. Luise est sans conteste – de mon point de vue ! – la plus jolie reine qu’ait connue l’Europe. En conséquence de quoi j’ai donné son prénom à l’héroïne de la série des Chroniques de Rosling… 


 

lundi 9 mars 2026

Verrerie...

"Avisant deux esclaves qui arrivent du débarcadère en poussant une charrette, il les interroge :

— Savez-vous où se trouve l’atelier du verrier Higinius ?

— Justement, on va décharger ces blocs de verre chez lui. Tu n’as qu’à nous suivre ! "

Extrait de Alauda, l’alouette qui faisait danser les ours, par Bernard Grandjean, Éditions du 38. 

Le roman est à retrouver ici:

 https://www.editionsdu38.com/historique/503-alauda-l-alouette-qui-faisait-danser-les-ours.html

Illustration : verrerie gallo-romaine. Musée de Saint-Germain-en-Laye.

 


 

mercredi 4 mars 2026

Le château des Nymphes...

  "Situé en rase campagne, à plusieurs lieues de Munich, le Schloss Nymphenburg, ou Château des Nymphes, était la résidence d’été des Princes-Électeurs du puissant État de Bavière. Construit autour d’un pavillon central en forme de villa italienne, il n’en finissait plus de s’étendre au fil du temps par l’ajout de nouvelles ailes, si bien qu’il comptait déjà à l’époque parmi les plus importants palais royaux d’Europe."

 Extrait de LA PROMESSE DU TEMPS – Les chroniques de Rosling - 3, par Bernard Grandjean, aux Éditions du 38. À commander à votre libraire ou à retrouver ici, (en broché ou numérique) ou sur les sites marchands :

https://www.editionsdu38.com/fr/romance/610-les-ombres-du-chateau-les-chroniques-de-rosling-2.html

Illustration : Le château de Nymphenburg (photo de l’auteur).


 

samedi 28 février 2026

Visite chez le médecin...

 « Le sieur Schmit, Allemand, jouant très bien de la flûte traversière, et connu avant cette guerre pour être le Mercure de presque tous les seigneurs étrangers qui arrivaient à Paris, depuis les préliminaires de la paix commence à reprendre ses anciens errements. En conséquence, il est venu se loger à l’hôtel de Londres, faubourg Saint-Germain, qui est le quartier des étrangers, et a débuté par annoncer au prince de Limbourg une certaine Allemande, connue ci-devant chez la Héquet sous le nom de Coring, aujourd’hui vivant avec un perruquier de femmes, dont je ne me rappelle pas le nom. Il lui a vanté cette fille comme un morceau précieux. Effectivement, elle est très jolie, mais encore plus mauvais sujet. Le prince a donné volontiers dans le piège, et a fait présent à cette sultane d’une fort belle montre et de 12 louis. Schmit, pour ne point exposer la santé du prince, avait eu soin, quelques jours auparavant, de vérifier les appas de cette princesse, car il n’aime point les reproches ; il a cela de bon. »

(Mémoires secrets des inspecteurs de M. de Sartines, 19 novembre 1762)

 Philipp Ferdinand von Limburg Stirum (1734-1794), comte de Limbourg, seigneur de Stirum, avait été fait prince en 1766 par le Parlement de Paris. Connu pour son mode de vie extravagant et fastueux qui l'a conduit à la faillite et à la prison pour dette, il a été l'amant d’une autre figure extravagante du siècle, la "princesse Tarakanova". Il faillit l’épouser en 1773, alors qu’elle se faisait passer pour la sultane Aly Emetey, fondatrice de l’Ordre de la Croix d’Asie… La vie de cette femme, très belle et talentueuse (polyglotte, jouant très bien de la harpe...), aux origines inconnues (y compris d’elle-même), fut un incroyable roman. Se prétendant la fille de l'impératrice de Russie Élizabeth Ière et de son amant Alexis Razoumovski, elle déclara ses prétentions au trône russe en 1774. Elle mourra en prison à Saint-Pétersbourg sans avoir reconnu son imposture.

Illustration : Visite chez le médecin (détail) - Balthasar Van Den Bossche (1681-1715). Collection privée.

 


 

lundi 23 février 2026

Déclaration sans succès...

"Certain baron, fier de sa qualité,

À la fine Sylvie un jour près de sa mère,

Disait tout bas : En vérité,

C’est un supplice ! Elle me désespère.

Si vous aviez pour moi quelque bonté,

La très grande difficulté

Serait de savoir comment faire.

-       Ce n’est point là l’embarras le plus grand,

Répond la maligne Sylvie.

-       Quel est-il donc, ma belle enfant ?

-       C’est de m’en inspirer l’envie."

 

Extrait de Le fond du sac, recueil de contes galants en vers des XVIIe et XVIIIe siècles.

Illustration : Les fiançailles, par Jean-Frédéric Schall.

 


 

 

 

mardi 17 février 2026

Jacques-Antoine Vallin

Jacques-Antoine Vallin, peintre Français né en 1760 et mort à Paris le 28 novembre 1835, est le fils d’un sculpteur-ciseleur parisien, installé quai de la Mégisserie. Il entre, à l'âge de quinze ans à l’Académie Royale, en 1779 sous la protection du peintre d’histoire Gabriel Doyen, puis de Callet en 1786, et l’atelier de Drevet en 1789. Il y fut aussi l’élève d’Antoine Renou. Vallin ne débute au Salon qu'en 1791, exposant d'abord deux toiles, La Tempête et Petit paysage. Très vite, il trouve sa voie et le succès avec ses tableaux de nymphes et de bacchantes placées dans d'harmonieux paysages souvent baignés d'une fine lumière dorée. Vallin puise également son inspiration dans l'histoire antique ou la mythologie. Sa dernière apparition au Salon remonte à 1827.

Jacques-Antoine Vallin est le prolongateur des bacchanales et pastorales galantes de Jacques-Philippe de Caresme, dans un style plus néo-classique, voire historique, en correspondance avec son époque et proche d'un Prud’hon. Son œuvre peinte présente une fraîcheur de coloris et une réelle grâce dans les visages et attitudes des personnages. Il exécuta aussi des portraits d’inspiration greuzienne, ainsi que plusieurs tableaux d’histoire antique ou moderne qu’il présentait en priorité au Salon.

Illustration : Léda et le cygne (col. Privée).

 


 

 

dimanche 15 février 2026

Un don reçu des dieux...

— Alauda (…) semble avoir une sorte de don reçu des dieux pour apprivoiser les oiseaux !

— Vraiment ?

— Je l’ai surprise plusieurs fois en train de parler aux merles, et aussi aux corbeaux !

— Moi aussi, il m’arrive de leur parler, quand je les surprends en train de manger mon raisin ! Mais ce n’est pas pour autant qu’ils m’écoutent.

 

Extrait de Alauda, l’alouette qui faisait danser les ours, par Bernard Grandjean, Éditions du 38.

À retrouver ici : 

 

https://www.editionsdu38.com/historique/503-alauda-l-alouette-qui-faisait-danser-les-ours.html

 

 

Illustration : La joueuse de flûte, par Sydney Long, 1904, Art Gallery of New South Wales, Sydney.

 


 

mardi 10 février 2026

Évadez-vous!

L'époque vous pèse ?
Évadez-vous !
Lisez des romans !
J'ai d'excellentes suggestions à vous faire, sans risquer votre peau ! La fenêtre est ici :
 
 
 

 

 

jeudi 5 février 2026

Nous discourûmes de mode…

 "La mode est un tyran dont rien ne nous délivre

À son bizarre goût il faut s’accommoder ;

 Mais sous ses folles lois étant forcé de vivre

 Le sage n’est jamais le premier à les suivre,

 Ni le dernier à les garder."

 (Etienne Pavillon, 1632-1705)

 

"Les modes sont certains usages,

Suivis des fous, et quelques fois des sages

Que le caprice invente, et qu’approuve l’amour."

(Henriette de Coligny de La Suze, 1617-1673)

 

"Mode : se dit plus particulièrement des manières de s’habiller, de s’ajuster suivant l’usage reçu à la Cour, ou dans le beau monde. Les Français ont la gloire de se voir suivis dans leurs modes plus qu’aucune autre nation. Les Espagnols, constants dans leurs manières, ne changent jamais de mode."

Extraits du Dictionnaire d’Antoine Furetière, édition corrigée de 1727.

 

"Nous discourûmes de mode, de dentelles, d'étoffes, et, par gradation, nous commencions à mettre Rozette sur le tapis lorsqu'elle entra elle-même et nous surprit agréablement par sa présence. Je me levais pour aller au-devant d'elle, elle m'arrêta ; et après un salut de joie, elle fit le tour de la table, et nous donna à tous un baiser sur le front avec un certain petit bruit des lèvres qui est ordinairement l'écho du plaisir."

Extrait de Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maitresse, par Claude Godard d'Aucour, 1744.Originaire de Langres, Godard (1716- 1795) fut fermier général, puis receveur général des finances à Alençon. Il fut librettiste, dramaturge et écrivain. Rare, son roman Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maitresse fut très recherché par la police quand il parut…

Illustration : marchandes de mode, 1769 (Encyclopédie).

 


 

lundi 2 février 2026

Contrebande sur le limes !

Sa solde ne lui ayant jamais suffi, il a toujours dû la compléter par des moyens divers. À l’époque où, jeune officier, il ne commandait encore qu’une liburne de la flotte du Rhin, il trafiquait déjà avec les barbares de la rive d’en face, utilisant son bateau insoupçonnable pour transporter des marchandises en échappant aux taxes…"

 Extrait de Alauda, l’alouette qui faisait danser les ours, Éditions du 38.

https://www.editionsdu38.com/historique/503-alauda-l-alouette-qui-faisait-danser-les-ours.html

 

La liburne (liburna) était un bateau de guerre léger, dont certains modèles étaient conçus pour naviguer sur les fleuves. L’armée romaine a également utilisé sur les cours d’eau le navis lusoria, long d’une vingtaine de mètres, en particulier comme transport de troupes.

Illustrations :  

-    Reconstitution d’un navis lusoria par le musée de Mayence, sur la base d’un exemplaire retrouvé dans le Main (30 rameurs et une voile auxiliaire).

     - Liburne (colonne trajane). 

 



 

dimanche 25 janvier 2026

Pièce d'estomac...

"Maintenant qu’elle était debout, il eut la confirmation que sa robe n’était pas un costume folklorique. Il s’agissait bien d’un magnifique vêtement de style XVIIIe, comme l’indiquait la taille basse, l’ampleur aux hanches et la “pièce d’estomac”, curieux nom désignant le triangle d’étoffe couvrant le devant du corps de la poitrine au ventre."

Extrait de LA PROMESSE DU TEMPS — Les chroniques de Rosling — 1, par Bernard Grandjean, aux Éditions du 38.

À commander à votre libraire ou à retrouver ici, (en broché ou numérique) ou sur les sites marchands :

https://www.editionsdu38.com/fr/romance/610-les-ombres-du-chateau-les-chroniques-de-rosling-2.html

"La pièce d’estomac est une partie de la robe à la française : il s’agit d’un morceau de tissu, le plus souvent baleiné, et extrêmement décoré qui se plaçait entre les deux bords du devant de la robe pour dissimuler le corps baleiné situé sous la robe." (Wikipédia).

La pièce d’estomac pouvait ainsi se coudre sur différentes robes, en fonction des couleurs et au gré des coquetteries. 

Illustration : Différents exemples de "pièces d’estomac":

 






 

 

lundi 19 janvier 2026

Bagarre entre un Giton et un monstre...

 ... ou quand deux grandes figures de l’Histoire et de la littérature en viennent aux mains dans la cour d'une prison ! 

Chacun connait Honoré-Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau (1749-1791), l’une des grandes figures de la Révolution Française, partisan d’une monarchie constitutionnelle («Nous sommes ici par la volonté du peuple, etc.»). On connait tout autant le «divin marquis», dont le nom entra dans le langage courant. Mais si les Français connaissent Mirabeau depuis l’école primaire, ils savent moins que sa vie fut un roman.

Mirabeau se sépare vite de la riche héritière qu’il a épousée, déserte de l’armée, connait plusieurs prisons (Ile de Ré, Manosque, château d’If, fort de Joux…) dont plusieurs fois sur ordre de son propre père, pourtant un éminent philosophe, «pour le remettre dans le droit chemin». Il se sauve avec Sophie de Ruffey, marquise de Monnier, déjà mariée. Le couple illégitime aura une fille, qui mourra enfant. Les amants sont rattrapés et, en 1777, Sophie est condamnée au couvent (elle se suicidera en 1789). Lui échappe à la peine de mort, mais restera 42 mois au donjon de Vincennes. Durant cette détention, il en vint aux mains avec un codétenu, un certain marquis de Sade, que Mirabeau qualifiait de Giton tandis que lui le traitait de monstre…

Sade et Mirabeau tuaient le temps en prison en écrivant. Mirabeau était non seulement un grand orateur, mais avait aussi une plume alerte et souvent acide, truffant ses textes de jolies formules. Un exemple : «Madame de l’Hermitage tient bureau de bel esprit : là, tous nos demi-dieux, tous nos Apollons modernes viennent chercher des dîners qu’ils paient en sornettes…». Il est l’auteur de «Erotika Biblion», textes libertins assez crus écrits à Vincennes, publiés en 1783 et plusieurs fois réédités. L’édition de 1910 comporte une préface et des commentaires de Guillaume Apollinaire. Il écrivit également à cette période des libelles et ses «Lettres à Sophie» passionnées («les amours qui finissent ne sont pas les nôtres…»).

Mirabeau et Sade étaient, parait-il, parents par les femmes ; ils avaient aussi quelques autres affinités, non seulement en matière de plume et de libertinage, mais aussi en gestion de fortune : ces deux seigneurs savaient si bien gérer leurs terres qu’ils arrivèrent à la Révolution couverts de dettes…

-       Honoré de Mirabeau, 1789, par Joseph Boze (1745-1826) Château de Versailles.

-       Portrait du marquis de Sade, selon un dessin de Carle Van Loo de 1760 (Sade avait alors 20 ans).

 


 



Le moine volant !

On remarque sur la fresque du plafond de l’extraordinaire bibliothèque de l’abbaye de Schussenried (voir un post précédent) une peinture peu...