mercredi 8 décembre 2021

Source d'inspiration

Dans la série des personnages anonymes tirés de mes vieux albums photos familiaux, je vous présente cette fois une jeune fille blonde aux yeux bleus, aux traits énergiques et au regard décidé, avec un petit air rusé.

Elle porte une robe à la mode des années 1870, avec pompons et "tournure", structure rigide donnant de l’ampleur à la robe et mettant en valeur la finesse de la taille, accentuée par le corset. La tournure, qu’on appelait familièrement faux-cul, fut très en vogue entre 1869 et 1888, ayant succédé à l’encombrante crinoline. Difficile de préciser la couleur de la robe, mais elle a toutes chances d’être bleue ou verte, des couleurs à la mode en France sous le second Empire. Du fait de la tournure, la jeune fille ne peut s’assoir que tout au bord de la chaise du photographe, dans une attitude commune aux photos de femmes sous Napoléon III (c’était pire avec la crinoline, qui obligeait souvent à utiliser deux chaises placées côte-à-côte).

La coiffure massive présente l’avantage d’équilibrer la silhouette ; elle est formée d’une tresse épaisse, la fameuse "tresse impériale" très à la mode à l'époque ; le reste de ses cheveux est relevé, le tout étant maintenu par un étroit bandeau orné de perles.

Outre ces perles, on n’aperçoit que deux bijoux : un bracelet au poignet droit, en écaille ou en or, et on devine à son col une broche, ou un camée. Elle ne porte pas de boucles d’oreilles. Cette modestie tendrait à indiquer qu’elle est encore célibataire.

Le dos de la photo ne porte pas de mention manuscrite, seulement l’inscription : "L. Marin, Photographe rue St-Dizier N° 77, en face le marché " (un photographe actif à Nancy dans les années 1870).

Comme toujours, cette vieille photo m’inspire, et me donnent envie de raconter une histoire dont je ne sais rien, mais dont je vois déjà clairement une foule de détails !

 





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