mardi 10 février 2015

Le mensonge des images

Toutes les images mentent, mais certaines sont plus menteuses que d'autres !

Retrouvées dans mes archives, une collection de représentations de "Gravures sur bois de la Chine nouvelle » publiées à Pékin en 1956. Elles ont été exposées lors de la « Deuxième Exposition Nationale des Beaux-Arts » en 1955.  On était encore loin de Ai Wei-Wei… J’en ai sélectionné trois, qui concernent le Tibet :
- Sur la première, signée Li Chao-yen et Nieou Wen, figurent un cavalier et un groupe de nomades, qui prennent connaissance avec enthousiasme du tract qu’on vient de leur remettre (on y devine même des caractères tibétains, réalisme oblige). La légende dit « la nouvelle de la libération du Tibet vole de bouche en bouche ». 
- La deuxième, signée Lieou Kouang, montre « des Tibétains écoutant Radio-Pékin » ; ce qui est méritoire, notons-le, pour des gens qui ne comprennent pas le chinois. A noter que plusieurs portent d’étranges chapeaux pointus, et le préposé à la radio est coiffé d'une superbe casquette à la Sherlock Holmes. Le costume de la femme à gauche est également très étrange, l’artiste ayant définitivement été victime d’une documentation par trop approximative.

- La dernière gravure présente des « étudiants Tibétains se rendant à l’Université de Pékin ». L’avion attend au loin (un DC3 ?), et le petit chien a l’air de le prendre aussi. Curieusement, l’ « étudiant » de gauche porte au cou, outre un bizarre collier de grosses perles, un reliquaire. Cet objet religieux a manifestement échappé à la compréhension de l’artiste et à la censure communiste.

Il s’agit là de trois très grossiers morceaux de propagande, d’autant que l’on était alors à la veille de la prise totale de contrôle du Tibet par la Chine et du terrible massacre qui l’a accompagnée.
Le plus triste est que la propagande de l’actuel Gouvernement chinois à propos du Tibet est sensiblement du même niveau…










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