jeudi 15 janvier 2026

Éloge des blondes...

      

Éloge des blondes, septembre 1771, par l'Auteur du Journal des Dames (M. de Louptière, de l’Académie des Arcades de Rome). À chanter sur l’air de « Ne v'la t'il pas que j'aime ».

Régnez dans mes tendres accents,

Douce et mourante blonde,

Que la volupté de vos sens

Dans les miens se confonde.

 

Le blond Phébus vient m'embraser

Du beau feu de sa lyre,

Pourrait-il me le refuser ?

C'est pour vous qu'il m'inspire.

 

En vain les ris & l'enjouement

Nous étalent leurs charmes ;

Les langueurs et les sentiments

Ont de plus fortes armes.

 

Blondes, je veux à vos genoux

Soupirer pour chacune ;

Je songerais encore à vous

Dans les bras de la Brune.

 

Notons que les blondes sont perçues par l’auteur du poème comme douces, voluptueuses, langoureuses et sentimentales. La gaité est selon lui l’apanage des brunes. Pas sûr que toutes les blondes parmi vous, chère lectrices, apprécieront. Cette confrontation stupide entre brunes et blondes semble de toutes les époques. On ne dit rien des rousses, me direz-vous. Pourtant, la poudre d’iris que les blondes appliquaient souvent sur leurs cheveux les faisaient tirer vers le roux ; les rousses aussi avaient leurs partisans !

Illustration : Une blonde et une brune réunies sur la même toile : deux sœurs, peintes en 1790 par Marie-Victoire Lemoine (1754-1820). Collection privée. Les deux jeunes filles portent de jolies robes de fantaisie.

 


 

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