Éloge des blondes, septembre 1771, par l'Auteur du Journal des Dames (M. de Louptière, de l’Académie des Arcades de Rome). À chanter sur l’air de « Ne v'la t'il pas que j'aime ».
Régnez dans mes tendres accents,
Douce et mourante blonde,
Que la volupté de vos sens
Dans les miens se confonde.
Le blond Phébus vient m'embraser
Du beau feu de sa lyre,
Pourrait-il me le refuser ?
C'est pour vous qu'il m'inspire.
En vain les ris & l'enjouement
Nous étalent leurs charmes ;
Les langueurs et les sentiments
Ont de plus fortes armes.
Blondes, je veux à vos genoux
Soupirer pour chacune ;
Je songerais encore à vous
Dans les bras de la Brune.
Notons que les blondes sont perçues par l’auteur du poème comme douces, voluptueuses, langoureuses et sentimentales. La gaité est selon lui l’apanage des brunes. Pas sûr que toutes les blondes parmi vous, chère lectrices, apprécieront. Cette confrontation stupide entre brunes et blondes semble de toutes les époques. On ne dit rien des rousses, me direz-vous. Pourtant, la poudre d’iris que les blondes appliquaient souvent sur leurs cheveux les faisaient tirer vers le roux ; les rousses aussi avaient leurs partisans !
Illustration : Une blonde et une brune réunies sur la même toile : deux sœurs, peintes en 1790 par Marie-Victoire Lemoine (1754-1820). Collection privée. Les deux jeunes filles portent de jolies robes de fantaisie.

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