dimanche 24 mai 2020

Les trois Grâces

"Cependant, intervint son neveu, si Xaver et moi devons, comme le berger Pâris, remettre la pomme d’or à la plus belle des trois Grâces, je vous prie de vous mettre, vous-même ma tante ainsi que toi, Ziska, dans la tenue adéquate, qui est comme chacun le sait fort dépouillée."
En fait, le neveu mêle allégrement deux thèmes mythologiques différents : d’une part, le jugement de Pâris, qui eut la tâche redoutable de départager trois déesses (Héra, Athéna et Aphrodite) en remettant la pomme d’or (de discorde) à la plus belle, et, d’autres part les trois Grâces de la mythologie romaine, Euphrosine, Thalie et Aglaé, censées représenter la beauté, la séduction et la créativité humaine.
Le thème des trois Grâces traverse l’histoire de l’art, et les peintres du XVIIIe siècle s’en emparèrent avec délectation, tant il permettait de représenter des jeunes femmes totalement nues en toute ingénuité. Charles André Van Loo (1707-1765) en fit deux versions (1763 et 65), toutes deux descendues en flammes par Diderot, qui n’y vit que raideur et froideur. Fragonard s’y risqua aussi, dans son style personnel, tout en teintes dorées, bleutées et rosées, évitant le groupe de trois personnages debout qui paraît représenter la même vue sous trois angles différents. Ma version préférée date de la toute fin du siècle (1793), par Regnault, représentation néo-classique de corps modelés comme des statues.
 
 
 

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