mercredi 12 août 2026

Un médecin libertin...

"Jouissez, Phyllis, jouissez de vos charmes : n’être belle que pour soi, c’est l’être pour le tourment des hommes."

Julien Offray de La Mettrie, L’art de jouir, 1746.

 

La Mettrie (1709-1751) était un médecin libertin et un philosophe matérialiste. Pour lui, "les phénomènes psychiques doivent être représentés comme les effets de changements organiques dans le cerveau et le système nerveux" (Wikipédia). Ses principaux ouvrages sont "l’homme machine" et "L’Art de jouir".

Très honoré et estimé en son temps, membre de l’Académie de Berlin, il célébrait les plaisirs sensuels, ce qui ne l’empêcha pas d’être nommé médecin des enfants royaux par Louis XV. Ses détracteurs affirmèrent que sa sensualité avait eu raison de lui, puisqu’il était mort d’une indigestion !

Illustration : "Académie de femme nue", estampe de Louis Jean François Lagrenée, 1771.

 


 

 

 

samedi 8 août 2026

Destins croisés...

Adélaïde Labille-Guiard (1749–1803) était la fille d’un mercier propriétaire d’une boutique de mode parisienne, "À la toilette", rue de la Ferronnerie. Dans cette boutique, fréquentée par le beau monde, travaillera Jeanne Bécu, belle jeune femme très dévergondée, la future Madame du Barry, maîtresse du roi Louis XV (elle mourra guillotinée en 1793). Jeanne Bécu va nouer avec Adélaïde, la future peintre, une solide amitié. Destins croisés, si différents…

À vingt ans, Adélaïde épouse Nicolas Guiard, commis auprès du receveur général du Clergé. En 1799, la Révolution ayant rendu le divorce possible, elle épousera en secondes noces un peintre François-André Vincent. Après une formation de miniaturiste et de pastelliste, elle poursuivra sa formation à l’Académie de Saint-Luc, ouverte aux femmes. Artiste reconnue, elle sera pensionnée par le roi, puis par la République en dépit de divers soucis durant la Révolution…

L’un de ses tableaux les plus célèbres est un autoportrait de 1785 (New York, MMA), la montrant en compagnie de deux de ses élèves, Marie-Gabrielle Capet et Marie-Marguerite Carraux de Rosemond. Adélaïde porte une robe somptueuse : réminiscence de la boutique familiale "À la Toilette" ?

 


 

 

lundi 3 août 2026

Miroir, mon beau miroir...

"Miroir : Glace de verre ou de crystal, qui étant enduite par derrière avec une feuille d'étain & du vif-argent, rend la ressemblance des objets qu'on lui présente".  Dictionnaire de l'Académie française. Quatrième Édition, 1762.

Se regarder, s’examiner, voilà bien une préoccupation éternelle... Au XVIIIe siècle, les grands miroirs coûtaient des fortunes, et on ne savait guère fabriquer, sinon en en plusieurs morceaux. Les femmes disposaient de petits miroirs à poser sur une toilette, recouverts d’un linge pour les protéger des dépôts des chandelles et de la cheminée. Si le maquillage et la pose des mouches ne posaient pas de problème, l’examen de certaines parties du corps nécessitait des contorsions et l’aide d’une servante. C’était évidemment un sujet intéressant pour les peintres, comme cette jeune fille examinant sa poitrine avec un certain air de satisfaction (pastel d’un suiveur de Boucher).

Le miroir permet aussi de subtils effets de lumière, comme dans cette toile de 1720 de Jean Raoux (1677–1734), où une jeune femme en belle robe bleu et rouge contemple son joli collier de perles (Wallace Collection, Londres).

La voluptueuse sultane que montre Jean-Baptiste Leprince (huile sur cuivre de 1775, Metz, Musée des Beaux-Arts) est moins préoccupée par son visage que par une autre partie de son corps. L’image que lui renvoie le miroir tenu par sa servante semble la satisfaire.

Enfin, dans cette « scène galante » d’Antoine Pesne (Stiftung Preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg), le miroir devient un accessoire du jeu érotique des deux amants. Antoine Pesne, qui était peintre de la Cour de Prusse, applique en cela les conseils que lui a donnés Frederic le Grand dans son « Poème adressé au sieur Antoine Pesne » :

« Abandonne tes saints entourés de rayons,

Sur des sujets brillants exerce tes crayons,

Peins-nous d’Amaryllis les danses ingénues,

Les nymphes des forêts, les Grâces demi-nues,

Et souviens-toi toujours que c’est au seul amour

Que ton art si charmant doit son être et le jour. »

 

Antoine Pesne 

 


Jean-Baptiste Leprince

 


Jean Raoux

Un suiveur de Boucher

 

mardi 28 juillet 2026

Angélique et Médor, ou l'histoire d'une fidélité.

L’Orlando furioso (Roland furieux) de l’Arioste nous raconte comment Angélique, fille du roi de Chine, courtisée par de nombreux chevaliers (dont Orlando et un certain Sacripant), tombe amoureuse de Medoro (ou Médor), jeune soldat sarrasin blessé, revenu la nuit sur le champ de bataille pour récupérer le corps de son capitaine afin de lui donner une sépulture. Follement amoureux, Médor grave leur nom un peu partout, sur les rochers et dans l’écorce des arbres :

"Parmi tant de plaisirs, là où Médor voyait un bel arbre ombrager source ou pur ruisseau, il enfonçait dedans quelque pointe ou couteau, et aussi dans un roc moins dur, s’il s’en trouvait ; et dehors en mille endroits était écrit, de même en mille endroits sur les murs de la maison, « Angélique et Médor », de diverses manières ensemble entrelacés par des nœuds différents".

Le sujet a souvent été repris par les peintres ; ainsi ce joli lavis de Giovanni Battista Cipriani (Florence 1727-Hammersmith 1785) ou cette toile d’Abraham Bloemaert peinte vers 1620-30 (Musée Chéret, à Nice).

J’ai dû partiellement flouter la belle gravure d’Augustin Carrache (Agostino Carracci, 1557-1602), qui montre les deux amants dans une posture digne du Kamasutra, afin d'en supprimer un certain détail anatomique de Médor. Je déteste abîmer ainsi une œuvre, mais les censeurs sont prompts...

Les spécialistes voient dans cet épisode des deux amants dans la nature, gravant leurs noms sur les roches et les arbres, l’une des origines du genre de la pastorale, si important au XVIIIe siècle.

Question subsidiaire : d’où vient cette vieille pratique (française) de dénommer son chien Médor ? Parce que l’amoureux d’Angélique incarne la fidélité, peut-on imaginer ! Il y eut à Paris un chien Médor célèbre, le "chien du Louvre". Il veilla fidèlement la tombe de son maître, tué en 1830 durant les Trois glorieuses, et enterré au pied de la colonnade du palais royal. Ce Médor devint une vraie vedette pour les partisans du nouveau régime.

 

Agostino Carracci

Abraham Bloemaert

Giovanni Battista Cipriani

 

 

mercredi 22 juillet 2026

Un sujet intemporel...

 Ah, les belles infidèles, sujet intemporel…

"Il y a des femmes qui, en faisant des agaceries, n’ont d’autre objet que d’engager un amant ; quelquefois c’est une simple habitude de coquetterie. Il y en a d’autres qui seraient insensibles au plaisir de s’attacher à un homme, si elles ne l’arrachaient à une maîtresse. J’en trouvai une de ce caractère, et malheureusement elle me plut…"

(Extrait des Confessions du Comte de ***, de Charles Duclos, 1741).

Et voici une vision plus maniérée de l’infidélité, trouvée dans le Journal des Dames de janvier 1762:

"Je voyais Ismène infidèle,

Ouvrir son cœur à d’autres feux.

Je la voyais toujours plus belle,

Et j’en étais plus malheureux.

Au sein de la tristesse même

S’exhalaient mes vives douleurs.

De son bandeau le Dieu suprême,

L’Amour, accourut sécher mes pleurs.

Au lieu d’en essuyer mes larmes,

Mets-le sur mes yeux, Dieu charmant,

La cause hélas de mes alarmes

Finit à mon aveuglement."

Illustration : Antoine Vestier (1740-1824), tête de femme couronnée de roses, 1789, Musée des Beaux-Arts de Tours.

 


 

vendredi 17 juillet 2026

Canicule toujours...

"Mon Dieu, dit-elle, mon ami, quelle chaleur il fait aujourd'hui, en vérité on étouffe. C'est, répondit-il, que nous sommes dans les jours caniculaires. Voici, continua-t-elle, en se couchant à demi, un admirable canapé pour la commodité. Oui, repart-il, rien n'est plus commode. J'y fais la méridienne depuis dix ans…"

 

Extrait du Canapé couleur de feu, par Fougeret de Montbron, 1714.

Je vous épargne la suite du récit, qui est carrément torride !

 

 

samedi 11 juillet 2026

Canicule encore...

Au XVIIIe siècle, les grandes demeures possédaient de vastes glacières, qu'on utilisait tout l'été pour la conservation des aliments et la confection des desserts ; mais la climatisation n’avait pas encore été inventée ! Une expression française évoquait la meilleure façon de supporter les nuits d’été suffocantes : on dormait alors "à l’italienne". Cela signifiait tout simplement qu’on se couchait sans chemise et au-dessus des draps. Nul doute que la méthode est encore pratiquée de nos jours !

Illustration : femme pressant un coussin, miniature de Jacques Charlier

La forme vaguement anatomique du coussin en dit long sur les rêves qui traversent l'esprit de cette jeune femme...

Peintre miniaturiste remarquable, Jacques Charlier (1706-1790) reçut des commandes de Louis XV et de Madame de Pompadour. Élève de François Boucher, il a reproduit de nombreuses œuvres de son maître et d’autres grands peintres de son temps. 

 


 

mercredi 8 juillet 2026

Amoureux d'une novice (ou la lettre à double lecture)

Pierre-Jean-Baptiste Choudard, dit Desforges (1746-1806) est un acteur, auteur et homme de lettres, auteur de romans, livrets d’opéra et poèmes révolutionnaires. Il rapporte dans ses mémoires (1798) combien il était amoureux d’une jeune religieuse, sœur Sainte-Agathe, enfermée au couvent. Heureusement, sa sœur se trouve également dans ce même couvent ; des visites et échanges de lettres sont donc autorisés. La rusée jeune fille adresse à son frère une lettre dont la colonne de gauche peut se lire indépendamment. L’avenir s’éclaire alors pour le galant !

"Le bonheur de plaire à sœur Sainte-Agathe me présageait celui de la posséder, si je trouvais le secret d'un rapprochement, comme l'indiquait la lettre. J'appliquai dès lors toutes mes facultés inventives, je tendis tous les ressorts de mon imagination pour tâcher de m'ouvrir un chemin jusqu'à mon idole"…

Illustrations : 

Desforges dans le rôle d'Argante des Fourberies de Scapin (gravure de Galard, vers 1775). 

La lettre à double lecture.

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mercredi 1 juillet 2026

Minois...

"Tête de jeune fille regardant vers le bas à droite" - François Boucher, collection privée.

Voilà bien ce qu’au XVIIIe siècle, on appelait un minois à déranger la tête de Jupiter

 


 

 

jeudi 25 juin 2026

Canicule...

La canicule n'a jamais empêché de lire un bon roman, quitte à faire un petit somme entre deux chapitres ! Il suffit de savoir adapter ses vêtements à la température. 

(Toile de Delphin Enjolras, peintre français,1865-1945, spécialiste des scènes intimistes). 


 

lundi 22 juin 2026

L'amour est un devoir !

Ce Jupiter qu’on peint si fier & si cruel,

Plongé dans les douceurs d’un repos éternel,

De ce que nous faisons ne s’embarrasse guère.

Ses regards déployés sur la nature entière

Ne se fixent jamais sur un faible mortel.

Va, crois-moi, le plaisir est toujours légitime ;

L’amour est un devoir, l’ennui seul est un crime.

 1778 - Poésies érotiques (Évariste de Parny, 1753-1814)

Illustration : Bernard Picart - Sémélé consumée par le feu de Jupiter - 1731  

Bernard Picart (1673-1733) est un dessinateur et graveur français prolixe, habile à imiter le style des grands maîtres. L'une de ses œuvres les plus connues est Le parfumeur, une gravure on ne peut plus scatologique ! 

 


 

 

vendredi 12 juin 2026

À ma bouteille...

À ma bouteille.

 

Viens, ô ma Bouteille chérie,

Viens enivrer tous mes chagrins.

Douce compagne, heureuse amie,

Verse dans ma coupe élargie

L’oubli des dieux & des humains.

Buvons, mais buvons à plein verre ;

Et lorsque la main du sommeil

Fermera ma triste paupière,

Ô Dieux, reculez mon réveil !

Qu’à pas lents l’aurore s’avance

Pour ouvrir les portes du jour :

Esclaves, gardez le silence,

Et laissez dormir mon amour.

 

1778 - Poésies érotiques (Évariste de Parny)

 

Illustration : nature morte (lièvre, canard, bouteilles, pain et fromage) Oudry, 1742, Musée du Louvre.

 


 

 

mardi 9 juin 2026

Post-partum...

 Dur dur, le post-partum… Je viens d’envoyer à mon éditrice deux manuscrits sur lesquels je travaillais depuis plus d’un an. L’un est dans la continuité de Rêves brisés à Bollywood (photo) : un roman policier dont l’action se déroule également à Bombay, avec retour de certains personnages dont mon enquêtrice Mary Desuza. L’autre constituera le quatrième tome de la série Les chroniques de Rosling, à cheval entre les XVIIIe et XXIe siècles (photo des 3 premiers tomes). Les dates de parution ne sont pas encore fixées.
J’ai travaillé plus ou moins alternativement sur les deux. Comment fais-tu, me demandera-t-on, pour passer ainsi d’un univers à l’autre ? Parce que j’aime les voyages, bien sûr.

 



 

 

 

dimanche 7 juin 2026

"La vieille ramassait soin panier..."

"Ne sachant que faire jusqu’à midi, Ziska décida de se promener et de prendre le temps d’observer la ville. Elle ne remarqua pas qu’à peine avait-elle tourné le dos, la vieille ramassait son panier et filait à pas pressés."

Extrait de Les ombres du château – Les chroniques de Rosling - 2, par Bernard Grandjean, aux Éditions du 38.

À commander à votre libraire ou à retrouver ici, (en broché ou numérique) ou sur les sites marchands :

https://www.editionsdu38.com/fr/39-romance

 

Illustration : Christian Seybold (1695–1768). Portrait d’une femme âgée avec un châle vert. Huile sur cuivre, avant 1768. Galerie de Peintures des Maitres Anciens, Dresde.

 


 

samedi 30 mai 2026

Sibylles...

Dans l’Antiquité romaine, on comptait dix sibylles. Supposées capables de communiquer avec le divin, ces femmes rendaient des oracles, rarement très clairs. Représentations de la plus ancienne sagesse du monde, le christianisme les adopta, et les Pères de l’Église intégrèrent la littérature les concernant ; le Moyen-âge porta même leur nombre à douze et on les représenta dans les églises ! Leur culte s’épanouit au XVIe siècle et perdura jusqu’à nos jours dans certaines régions d’Europe : le "chant de la Sibylle", remontant au Xe siècle et annonçant la fin des temps, est toujours interprété à Majorque lors de la fête de Noël.

Au XVIIIe siècle, Voltaire leur redonna une actualité, par son "dictionnaire philosophique portatif" publié en 1764, dans le cadre des débats entre philosophes déistes et penseurs chrétiens. Cependant, à l’époque, les sibylles ont largement disparu des sujets de conversation, sauf peut-être dans l’expression "C'est une vieille Sibylle", pour qualifier "une fille âgée qui fait parade d'esprit et de science" (Dictionnaire de l'Académie française,1762). "Je n'aime pas ces maisons présidées par une Sibylle, qui donne le ton et qui le reçoit à son tour de tous ceux qui environnent son trépied." (Charles Palissot de Montenoy, cité dans le Dictionnaire critique de la langue française de 1787).

Les Sibylles n’en restent pas moins un bon sujet pour les peintres. Ainsi l’Allemand Anton Raphael Mengs, avec cette Sibylle de 1761 (turban jaune), ou Angelika Kauffmann en 1775 (turban blanc et manteau rouge). Par le vêtement et surtout l’attitude, sa vision de la Sibylle est assez proche de celle de Mengs, mais comme elle l’a peinte 14 ans plus tard, on peut deviner qui a copié sur qui !

 



 

 

lundi 25 mai 2026

Abbaye de Beuron

L’archiabbaye bénédictine Saint-Martin de Beuron, en Bade-Wurtemberg, dans la région du Danube supérieur, est célèbre à divers titres :

Elle fut à la source d’une renaissance du chant grégorien en Allemagne, ainsi que d’un retour à l’art chrétien primitif et byzantin à la fin du XIX siècle. L’architecture en porte de nombreuses traces, comme la chapelle Notre-Dame-de-Grâce. Beuron reste aujourd’hui un foyer intellectuel très actif.

Cette abbaye est également liée à la religieuse carmélite Edith Stein (1891-1942), théologienne et philosophe, qui la fréquenta entre 1927 et 1933. Elle fut assassinée (parce que juive) par les nazis en 1942 à Auschwitz ; elle fut béatifiée par le pape Jean-Paul II.

 

Illustrations : entrée de l’église du monastère, chapelle Notre-Dame de Grâce, plaque à la mémoire d’Edith Stein. (Photos de l’auteur).

 




 

mardi 19 mai 2026

Le moine volant !

On remarque sur la fresque du plafond de l’extraordinaire bibliothèque de l’abbaye de Schussenried (voir un post précédent) une peinture peu banale : un moine, pourvu d’ailes pareilles à celles d'un ange, s’apprête à s’envoler !

Il s’agit du frère Caspar Mohr, qui avait mis au point au XVIIe siècle un dispositif digne d’Icare qui, pensait-il, allait lui permettre de voler ! On dit que le supérieur du monastère parvint à le retenir de justesse, du bout de son habit, alors qu’il allait s’élancer d’une fenêtre... pour aller s’écraser dans la cour trois étages plus bas…

En 1757, le peintre Franz Georg Hermann s’est amusé à représenter cette scène restée mythique au monastère, dont le téméraire Caspar Mohr est une figure célèbre ! (Photo de l'auteur).

 


 

 

 

vendredi 15 mai 2026

Relecture...

Dans le calme de la campagne humide, relecture du manuscrit d'un roman qui serait la suite de "Rêves brisés à Bollywood" (avec certains personnages récurrents, dont la jeune policière Mary et le Tibétain Pemba). L'histoire est centrée sur l'art étrange d'une tribu aborigène de l'Inde, les Warli, qui peint depuis la nuit des temps. Ci-dessous, vue d'un abri-sous-roche du site de Bhimbetka (8 000 avant J.C.)


 

mardi 12 mai 2026

La bibliothèque de l’abbaye de Schussenried...

La bibliothèque de l’abbaye de Schussenried, conçue par l’architecte Dominikus Zimmermann au milieu du XVIIIe siècle, est un chef-d’œuvre de l’art baroque de l’Allemagne du Sud. Elle possédait plus de 20 000 ouvrages, transportés à Stuttgart depuis la sécularisation de 1803. Cette bibliothèque était en son temps l’une des plus importantes en langue germanique.

Ses statues qui la décorent sont faites en stuc d’albâtre. Les groupes de putti, qui représentent ce que les moines prémontrés du XVIIIe siècle considéraient comme des « croyances erronées », sont particulièrement amusants. On reconnait l’Islam – des petits Turcs dont l’un tient un sabre – le Judaïsme – l’un est coiffé d’un chapeau pointu -, la philosophie des Lumières – l’un porte une perruque et pointe une page de livre – ou encore les épicuriens, deux putti portant des plats chargés de victuailles !

Parmi les fresques du plafond (Franz Georg Hermann, 1757), l’une est également très amusante : elle représente le frère Caspar Mohr, un moine du XVIIe siècle qui faillit être… l’ancêtre de Blériot ! Mais c’est une autre histoire, que je raconterai la prochaine fois…

 




 
 



 

 

samedi 25 avril 2026

Séduction !

"Les deux sexes ont en commun les vertus et les vices. La vertu a quelque chose de plus aimable dans les femmes, et leurs fautes sont plus dignes de grâce par la mauvaise éducation qu’elles reçoivent. Dans l’enfance on leur parle de leurs devoirs, sans leur en faire connaître les vrais principes ; les amants leur tiennent bientôt un langage opposé. Comment peuvent-elles se garantir de la séduction ?"

Extrait des Confessions du Comte de ***, par Charles Duclos, 1741.

Illustration : Jeanne-Philiberte Ledoux (1767-1840), allégorie de la séduction – Collection privée.

Jeanne-Philiberte Ledoux fut une élève de Greuze (1725-1805). Elle exposa dans les salons jusqu’en 1819 après quoi elle disparut des registres. Elle mena une modeste carrière de portraitiste, s'adressant uniquement à une clientèle bourgeoise. Ses toiles étant rarement signées ou datées, certaines peuvent avoir été attribuées à tort à son maître Greuze. Elles sont exposées dans différents musées, mais la plupart se trouvent dans des collections privées, ce qui rend très difficile une étude complète de son œuvre.

 


 

 

Un médecin libertin...

"Jouissez, Phyllis, jouissez de vos charmes : n’être belle que pour soi, c’est l’être pour le tourment des hommes." Julien O...