mardi 29 novembre 2022

Résister... ou pas...

 " (...) Elle le laissa faire sans résistance, fatiguée de lutter sans cesse contre tout…"

(Extrait de Le Voyage de Ziska, aux Éditions du 38.)

 

La douce résistance, gravure de l’Italien Salvatore Tresca (1750-1815) d’après une œuvre de Boilly.

 

dimanche 20 novembre 2022

Pas de ça Lisette !


Pas de ça Lisette ! 

Ma mère, qui était née en 1914, employait volontiers cette expression française ancienne, destinée à mettre en garde ou réprimander.
J’ai découvert bien plus tard qu’il s’agissait en fait d’une expression née au XVIIIe siècle. Lisette est un personnage de comédie, une jeune soubrette délurée et légère, qui apparait dans de nombreuses pièces, par exemple chez Marivaux. C’est sa légèreté – un défaut très répréhensible chez une jolie jeune fille - qui lui attira cette réprimande : pas de ça Lisette ! Le prénom Lisette est devenu très rare, mais au moins a-t-il survécu dans cette expression, qui ne doit cependant plus guère être employée de nos jours…
 

Illustrations :
Le joli minois de cette jeune fille, œuvre du peintre français Antoine Vestier (1740-1824), me paraît assez bien représenter Lisette, même si la fille parait sage comme une image !
Une représentation plus récente du personnage de Lisette dans "la double inconstance", une pièce de Marivaux crée en 1723 par les Comédiens Italiens à l’Hôtel de Bourgogne. Le dessin est de Bertall (Paris 1820-1882), pseudonyme de Charles Constant Albert Nicolas d'Arnoux de Limoges Saint-Saëns (ouf ! À l’époque, les gens n’avaient pas à remplir les formulaires modernes, dont les cases sont toujours trop courtes !)



 

dimanche 13 novembre 2022

Et si on jouait à la poupée ?

Depuis l’aube des temps, les enfants ont joué à la poupée ; un jouet très en vogue au XVIIIe siècle, mais qui n’était pas destinée qu’à l’amusement des petites filles. En voici trois usages très différents :
D’abord le plus classiques : trois filles, qui ont tenu à être représentées par la peintre avec leur poupée préférée. L’une avec ce joli ruban bleu dans les cheveux, a été peinte par Jean-Étienne Liotard. C’est une œuvre très connue ; on peut même la trouver sur internet… en papier peint ! Une autre, d’un milieu plus modeste et à l’aire triste, est un portrait de Greuze. On la croirait en train de donner à boire à sa poupée... La troisième, un peu plus âgée, est une anglaise du nom d’Isabella, une orpheline dont on connait assez bien l’histoire.
Passons à un autre usage : le business ! L’élégante dame dans sa jolie boite de bois sombre vitrée, d’origine anglaise, date de 1740. Elle porte deux jupons sous sa robe à paniers, ainsi que des chaussures en métal ; elle a conservé ses boucles d’oreille en perles et sa montre. La robe de soie paraît curieuse, avec ces différentes couleurs ; c’est sans doute qu’elle a été faite avec des chute de tissu. Car cette poupée n’était a priori pas faite pour que les fillettes puissent jouer avec (ce qui explique son parfait état de conservation). C’était d’abord un objet publicitaire, destiné à présenter la dernière mode jusque dans les contrées les plus lointaines...
Enfin, un troisième usage, plus surprenant : l’éducation sexuelle ! Cette poupée, datant du règne de Louis XVI, haute de 36 cm, offre une dérangeante précision anatomique. Elle était en fait destinée à assurer l’éducation sexuelle des enfants royaux ! La plupart de ces poupée dites éducatives, assez répandues semble-t-il au XVIIIe siècle au sein de l’aristocratie, ont été perdues ou détruites à la Révolution. Celle-ci a été vendue à Lyon en 2017 à un collectionneur français pour la somme de 16 000 Euros.
 






 

lundi 7 novembre 2022

Parlons couture !

Au XVIIIe siècle, les dames ornaient souvent leur décolleté d’un joli nœud de taffetas ou de soie, ou, chez les plus fortunées, d’une broche de brillants. Parfois, on y glissait simplement une rose, présentant le double avantage de décorer… et de masquer par son parfum les odeurs corporelles… Inutile de préciser qu’on en avait préalablement enlevé les épines ! L’objectif principal était clair : attirer les regards masculins sur des appâts séduisants. 

Cette mode avait été lancée au siècle précédent, et se poursuivra au suivant. Cet ornement portait un nom : le "boute-en-train" ; en soi tout un programme ! On lui donnait également le nom de "tâtez-y", ce qui est encore plus clair…

Ci-joint, quelques exemples.

La dernière image, une toile de 1785 attribuée au strasbourgeois Jean-Frédéric Schall et conservée à Paris au Musée Cognacq-Jay, intitulée "l'amour frivole", pourra sembler en effet assez frivole. Ce genre d'incident, dû à la profondeur des décolleté et qui survenait volontiers,  comme ici, lors d'un assoupissement, n'était pourtant pas rare...

 





 


mercredi 2 novembre 2022

À propos de tablier...

L’homme le plus grossier et l’esprit le plus lourd
sait qu’un Laisse-tout-faire est un tablier fort court :
J’en porte un par hasard qui sans aucune glose,
exprime de soi-même ingénument la chose..."

 

(Illustration: Watteau, la dance)


 

Alerte enlèvement !

"(…) elle ne fit pas attention à la voiture arrêtée à hauteur de la boutique, ni aux deux hommes campés devant. Elle ne comprit pas ce ...