samedi 28 février 2026

Visite chez le médecin...

 « Le sieur Schmit, Allemand, jouant très bien de la flûte traversière, et connu avant cette guerre pour être le Mercure de presque tous les seigneurs étrangers qui arrivaient à Paris, depuis les préliminaires de la paix commence à reprendre ses anciens errements. En conséquence, il est venu se loger à l’hôtel de Londres, faubourg Saint-Germain, qui est le quartier des étrangers, et a débuté par annoncer au prince de Limbourg une certaine Allemande, connue ci-devant chez la Héquet sous le nom de Coring, aujourd’hui vivant avec un perruquier de femmes, dont je ne me rappelle pas le nom. Il lui a vanté cette fille comme un morceau précieux. Effectivement, elle est très jolie, mais encore plus mauvais sujet. Le prince a donné volontiers dans le piège, et a fait présent à cette sultane d’une fort belle montre et de 12 louis. Schmit, pour ne point exposer la santé du prince, avait eu soin, quelques jours auparavant, de vérifier les appas de cette princesse, car il n’aime point les reproches ; il a cela de bon. »

(Mémoires secrets des inspecteurs de M. de Sartines, 19 novembre 1762)

 Philipp Ferdinand von Limburg Stirum (1734-1794), comte de Limbourg, seigneur de Stirum, avait été fait prince en 1766 par le Parlement de Paris. Connu pour son mode de vie extravagant et fastueux qui l'a conduit à la faillite et à la prison pour dette, il a été l'amant d’une autre figure extravagante du siècle, la "princesse Tarakanova". Il faillit l’épouser en 1773, alors qu’elle se faisait passer pour la sultane Aly Emetey, fondatrice de l’Ordre de la Croix d’Asie… La vie de cette femme, très belle et talentueuse (polyglotte, jouant très bien de la harpe...), aux origines inconnues (y compris d’elle-même), fut un incroyable roman. Se prétendant la fille de l'impératrice de Russie Élizabeth Ière et de son amant Alexis Razoumovski, elle déclara ses prétentions au trône russe en 1774. Elle mourra en prison à Saint-Pétersbourg sans avoir reconnu son imposture.

Illustration : Visite chez le médecin (détail) - Balthasar Van Den Bossche (1681-1715). Collection privée.

 


 

lundi 23 février 2026

Déclaration sans succès...

"Certain baron, fier de sa qualité,

À la fine Sylvie un jour près de sa mère,

Disait tout bas : En vérité,

C’est un supplice ! Elle me désespère.

Si vous aviez pour moi quelque bonté,

La très grande difficulté

Serait de savoir comment faire.

-       Ce n’est point là l’embarras le plus grand,

Répond la maligne Sylvie.

-       Quel est-il donc, ma belle enfant ?

-       C’est de m’en inspirer l’envie."

 

Extrait de Le fond du sac, recueil de contes galants en vers des XVIIe et XVIIIe siècles.

Illustration : Les fiançailles, par Jean-Frédéric Schall.

 


 

 

 

mardi 17 février 2026

Jacques-Antoine Vallin

Jacques-Antoine Vallin, peintre Français né en 1760 et mort à Paris le 28 novembre 1835, est le fils d’un sculpteur-ciseleur parisien, installé quai de la Mégisserie. Il entre, à l'âge de quinze ans à l’Académie Royale, en 1779 sous la protection du peintre d’histoire Gabriel Doyen, puis de Callet en 1786, et l’atelier de Drevet en 1789. Il y fut aussi l’élève d’Antoine Renou. Vallin ne débute au Salon qu'en 1791, exposant d'abord deux toiles, La Tempête et Petit paysage. Très vite, il trouve sa voie et le succès avec ses tableaux de nymphes et de bacchantes placées dans d'harmonieux paysages souvent baignés d'une fine lumière dorée. Vallin puise également son inspiration dans l'histoire antique ou la mythologie. Sa dernière apparition au Salon remonte à 1827.

Jacques-Antoine Vallin est le prolongateur des bacchanales et pastorales galantes de Jacques-Philippe de Caresme, dans un style plus néo-classique, voire historique, en correspondance avec son époque et proche d'un Prud’hon. Son œuvre peinte présente une fraîcheur de coloris et une réelle grâce dans les visages et attitudes des personnages. Il exécuta aussi des portraits d’inspiration greuzienne, ainsi que plusieurs tableaux d’histoire antique ou moderne qu’il présentait en priorité au Salon.

Illustration : Léda et le cygne (col. Privée).

 


 

 

dimanche 15 février 2026

Un don reçu des dieux...

— Alauda (…) semble avoir une sorte de don reçu des dieux pour apprivoiser les oiseaux !

— Vraiment ?

— Je l’ai surprise plusieurs fois en train de parler aux merles, et aussi aux corbeaux !

— Moi aussi, il m’arrive de leur parler, quand je les surprends en train de manger mon raisin ! Mais ce n’est pas pour autant qu’ils m’écoutent.

 

Extrait de Alauda, l’alouette qui faisait danser les ours, par Bernard Grandjean, Éditions du 38.

À retrouver ici : 

 

https://www.editionsdu38.com/historique/503-alauda-l-alouette-qui-faisait-danser-les-ours.html

 

 

Illustration : La joueuse de flûte, par Sydney Long, 1904, Art Gallery of New South Wales, Sydney.

 


 

mardi 10 février 2026

Évadez-vous!

L'époque vous pèse ?
Évadez-vous !
Lisez des romans !
J'ai d'excellentes suggestions à vous faire, sans risquer votre peau ! La fenêtre est ici :
 
 
 

 

 

jeudi 5 février 2026

Nous discourûmes de mode…

 "La mode est un tyran dont rien ne nous délivre

À son bizarre goût il faut s’accommoder ;

 Mais sous ses folles lois étant forcé de vivre

 Le sage n’est jamais le premier à les suivre,

 Ni le dernier à les garder."

 (Etienne Pavillon, 1632-1705)

 

"Les modes sont certains usages,

Suivis des fous, et quelques fois des sages

Que le caprice invente, et qu’approuve l’amour."

(Henriette de Coligny de La Suze, 1617-1673)

 

"Mode : se dit plus particulièrement des manières de s’habiller, de s’ajuster suivant l’usage reçu à la Cour, ou dans le beau monde. Les Français ont la gloire de se voir suivis dans leurs modes plus qu’aucune autre nation. Les Espagnols, constants dans leurs manières, ne changent jamais de mode."

Extraits du Dictionnaire d’Antoine Furetière, édition corrigée de 1727.

 

"Nous discourûmes de mode, de dentelles, d'étoffes, et, par gradation, nous commencions à mettre Rozette sur le tapis lorsqu'elle entra elle-même et nous surprit agréablement par sa présence. Je me levais pour aller au-devant d'elle, elle m'arrêta ; et après un salut de joie, elle fit le tour de la table, et nous donna à tous un baiser sur le front avec un certain petit bruit des lèvres qui est ordinairement l'écho du plaisir."

Extrait de Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maitresse, par Claude Godard d'Aucour, 1744.Originaire de Langres, Godard (1716- 1795) fut fermier général, puis receveur général des finances à Alençon. Il fut librettiste, dramaturge et écrivain. Rare, son roman Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maitresse fut très recherché par la police quand il parut…

Illustration : marchandes de mode, 1769 (Encyclopédie).

 


 

lundi 2 février 2026

Contrebande sur le limes !

Sa solde ne lui ayant jamais suffi, il a toujours dû la compléter par des moyens divers. À l’époque où, jeune officier, il ne commandait encore qu’une liburne de la flotte du Rhin, il trafiquait déjà avec les barbares de la rive d’en face, utilisant son bateau insoupçonnable pour transporter des marchandises en échappant aux taxes…"

 Extrait de Alauda, l’alouette qui faisait danser les ours, Éditions du 38.

https://www.editionsdu38.com/historique/503-alauda-l-alouette-qui-faisait-danser-les-ours.html

 

La liburne (liburna) était un bateau de guerre léger, dont certains modèles étaient conçus pour naviguer sur les fleuves. L’armée romaine a également utilisé sur les cours d’eau le navis lusoria, long d’une vingtaine de mètres, en particulier comme transport de troupes.

Illustrations :  

-    Reconstitution d’un navis lusoria par le musée de Mayence, sur la base d’un exemplaire retrouvé dans le Main (30 rameurs et une voile auxiliaire).

     - Liburne (colonne trajane). 

 



 

Visite chez le médecin...

  « Le sieur Schmit, Allemand, jouant très bien de la flûte traversière, et connu avant cette guerre pour être le Mercure de presque tous le...