samedi 30 mai 2026

Sibylles...

Dans l’Antiquité romaine, on comptait dix sibylles. Supposées capables de communiquer avec le divin, ces femmes rendaient des oracles, rarement très clairs. Représentations de la plus ancienne sagesse du monde, le christianisme les adopta, et les Pères de l’Église intégrèrent la littérature les concernant ; le Moyen-âge porta même leur nombre à douze et on les représenta dans les églises ! Leur culte s’épanouit au XVIe siècle et perdura jusqu’à nos jours dans certaines régions d’Europe : le "chant de la Sibylle", remontant au Xe siècle et annonçant la fin des temps, est toujours interprété à Majorque lors de la fête de Noël.

Au XVIIIe siècle, Voltaire leur redonna une actualité, par son "dictionnaire philosophique portatif" publié en 1764, dans le cadre des débats entre philosophes déistes et penseurs chrétiens. Cependant, à l’époque, les sibylles ont largement disparu des sujets de conversation, sauf peut-être dans l’expression "C'est une vieille Sibylle", pour qualifier "une fille âgée qui fait parade d'esprit et de science" (Dictionnaire de l'Académie française,1762). "Je n'aime pas ces maisons présidées par une Sibylle, qui donne le ton et qui le reçoit à son tour de tous ceux qui environnent son trépied." (Charles Palissot de Montenoy, cité dans le Dictionnaire critique de la langue française de 1787).

Les Sibylles n’en restent pas moins un bon sujet pour les peintres. Ainsi l’Allemand Anton Raphael Mengs, avec cette Sibylle de 1761 (turban jaune), ou Angelika Kauffmann en 1775 (turban blanc et manteau rouge). Par le vêtement et surtout l’attitude, sa vision de la Sibylle est assez proche de celle de Mengs, mais comme elle l’a peinte 14 ans plus tard, on peut deviner qui a copié sur qui !

 



 

 

lundi 25 mai 2026

Abbaye de Beuron

L’archiabbaye bénédictine Saint-Martin de Beuron, en Bade-Wurtemberg, dans la région du Danube supérieur, est célèbre à divers titres :

Elle fut à la source d’une renaissance du chant grégorien en Allemagne, ainsi que d’un retour à l’art chrétien primitif et byzantin à la fin du XIX siècle. L’architecture en porte de nombreuses traces, comme la chapelle Notre-Dame-de-Grâce. Beuron reste aujourd’hui un foyer intellectuel très actif.

Cette abbaye est également liée à la religieuse carmélite Edith Stein (1891-1942), théologienne et philosophe, qui la fréquenta entre 1927 et 1933. Elle fut assassinée (parce que juive) par les nazis en 1942 à Auschwitz ; elle fut béatifiée par le pape Jean-Paul II.

 

Illustrations : entrée de l’église du monastère, chapelle Notre-Dame de Grâce, plaque à la mémoire d’Edith Stein. (Photos de l’auteur).

 




 

mardi 19 mai 2026

Le moine volant !

On remarque sur la fresque du plafond de l’extraordinaire bibliothèque de l’abbaye de Schussenried (voir un post précédent) une peinture peu banale : un moine, pourvu d’ailes pareilles à celles d'un ange, s’apprête à s’envoler !

Il s’agit du frère Caspar Mohr, qui avait mis au point au XVIIe siècle un dispositif digne d’Icare qui, pensait-il, allait lui permettre de voler ! On dit que le supérieur du monastère parvint à le retenir de justesse, du bout de son habit, alors qu’il allait s’élancer d’une fenêtre... pour aller s’écraser dans la cour trois étages plus bas…

En 1757, le peintre Franz Georg Hermann s’est amusé à représenter cette scène restée mythique au monastère, dont le téméraire Caspar Mohr est une figure célèbre ! (Photo de l'auteur).

 


 

 

 

vendredi 15 mai 2026

Relecture...

Dans le calme de la campagne humide, relecture du manuscrit d'un roman qui serait la suite de "Rêves brisés à Bollywood" (avec certains personnages récurrents, dont la jeune policière Mary et le Tibétain Pemba). L'histoire est centrée sur l'art étrange d'une tribu aborigène de l'Inde, les Warli, qui peint depuis la nuit des temps. Ci-dessous, vue d'un abri-sous-roche du site de Bhimbetka (8 000 avant J.C.)


 

mardi 12 mai 2026

La bibliothèque de l’abbaye de Schussenried...

La bibliothèque de l’abbaye de Schussenried, conçue par l’architecte Dominikus Zimmermann au milieu du XVIIIe siècle, est un chef-d’œuvre de l’art baroque de l’Allemagne du Sud. Elle possédait plus de 20 000 ouvrages, transportés à Stuttgart depuis la sécularisation de 1803. Cette bibliothèque était en son temps l’une des plus importantes en langue germanique.

Ses statues qui la décorent sont faites en stuc d’albâtre. Les groupes de putti, qui représentent ce que les moines prémontrés du XVIIIe siècle considéraient comme des « croyances erronées », sont particulièrement amusants. On reconnait l’Islam – des petits Turcs dont l’un tient un sabre – le Judaïsme – l’un est coiffé d’un chapeau pointu -, la philosophie des Lumières – l’un porte une perruque et pointe une page de livre – ou encore les épicuriens, deux putti portant des plats chargés de victuailles !

Parmi les fresques du plafond (Franz Georg Hermann, 1757), l’une est également très amusante : elle représente le frère Caspar Mohr, un moine du XVIIe siècle qui faillit être… l’ancêtre de Blériot ! Mais c’est une autre histoire, que je raconterai la prochaine fois…

 




 
 



 

 

samedi 25 avril 2026

Séduction !

"Les deux sexes ont en commun les vertus et les vices. La vertu a quelque chose de plus aimable dans les femmes, et leurs fautes sont plus dignes de grâce par la mauvaise éducation qu’elles reçoivent. Dans l’enfance on leur parle de leurs devoirs, sans leur en faire connaître les vrais principes ; les amants leur tiennent bientôt un langage opposé. Comment peuvent-elles se garantir de la séduction ?"

Extrait des Confessions du Comte de ***, par Charles Duclos, 1741.

Illustration : Jeanne-Philiberte Ledoux (1767-1840), allégorie de la séduction – Collection privée.

Jeanne-Philiberte Ledoux fut une élève de Greuze (1725-1805). Elle exposa dans les salons jusqu’en 1819 après quoi elle disparut des registres. Elle mena une modeste carrière de portraitiste, s'adressant uniquement à une clientèle bourgeoise. Ses toiles étant rarement signées ou datées, certaines peuvent avoir été attribuées à tort à son maître Greuze. Elles sont exposées dans différents musées, mais la plupart se trouvent dans des collections privées, ce qui rend très difficile une étude complète de son œuvre.

 


 

 

dimanche 19 avril 2026

Le château des Nymphes...

"Situé en rase campagne, à plusieurs lieues de Munich, le Schloss Nymphenburg, ou Château des Nymphes, était la résidence d’été des Princes-Électeurs du puissant État de Bavière. Construit autour d’un pavillon central en forme de villa italienne, il n’en finissait plus de s’étendre au fil du temps par l’ajout de nouvelles ailes, si bien qu’il comptait déjà à l’époque parmi les plus importants palais royaux d’Europe."

Extrait de La promesse du temps – Les chroniques de Rosling - 3, par Bernard Grandjean, aux Éditions du 38.

À commander à votre libraire ou à retrouver ici, (en broché ou numérique) ou sur les sites marchands :

https://www.editionsdu38.com/fr/romance/610-les-ombres-du-chateau-les-chroniques-de-rosling-2.html

 

Illustration : Le palais de Nymphenburg (photo de l’auteur).


 

 

 

Sibylles...

Dans l’Antiquité romaine, on comptait dix sibylles. Supposées capables de communiquer avec le divin, ces femmes rendaient des oracles, r...