Un homme "franc du collier", "donner un
coup de collier", autant d’expressions déjà en usage au XVIIIe siècle et
qui ont survécu jusqu’à nos jours. D’autres, en revanche, ont disparu : on
affirmait par exemple de quelqu’un ayant une grande autorité, que c'était "un
chien au grand collier", et on disait avec humour d’un homme marié
qu’il avait "pris le collier de misère" !
Mais concentrons-nous sur l’ornement
féminin ; et là, méfiance ! Au XVIIIe siècle, fabriquer un collier
était l’affaire des lapidaires et autres joaillers vendant des perles fines
(comprendre : véritables). Car il fallait se méfier des « pâtenôtriers »,
ces ouvriers qui produisaient des chapelets, des boutons… et des pierres
fausses !
Mais, en matière de collier, on pouvait
aussi faire simple : les marchandes de mode donnaient le nom de collier à un ornement de cou composé quelquefois d’un seul
ruban, fait de tissus divers, de crin garni de ruban,
de blonde (une dentelle de soie dont on faisait souvent les bonnets), de souci
d’hanneton (en passementerie, franges qui portent de petites houppes), etc.
Les noms des colliers dépendaient
de leurs formes, et le moindre changement de celle-ci suffisait à changer le
nom : collier à la dauphine, en esclavage, d’un seul rang… Ce dernier,
composé de ruban bouillonné et en chou, orné sur le devant d’un nœud à quatre, se
voit souvent sur les portraits des belles dames. Quant aux hommes, le XIXe
siècle les verra abandonner le collier ornemental, sous l’influence du protestantisme,
dit-on. La mode en reviendra plus tard, au siècle suivant, aperçu par
l’échancrure de la chemise sur le poitrail velu des séducteurs de discothèque…
Illustrations : quelques exemples de colliers au XVIIIe
siècle.