"Tête de jeune fille regardant vers le bas à droite" - François Boucher, collection privée.
Voilà bien ce qu’au XVIIIe siècle, on appelait un minois à déranger la tête de Jupiter !
"Tête de jeune fille regardant vers le bas à droite" - François Boucher, collection privée.
Voilà bien ce qu’au XVIIIe siècle, on appelait un minois à déranger la tête de Jupiter !
La canicule n'a jamais empêché de lire un bon roman, quitte à faire un petit somme entre deux chapitres ! Il suffit de savoir adapter ses vêtements à la température.
(Toile de Delphin Enjolras, peintre français,1865-1945, spécialiste des scènes intimistes).
Ce Jupiter qu’on peint si fier & si cruel,
Plongé dans les douceurs d’un repos éternel,
De ce que nous faisons ne s’embarrasse guère.
Ses regards déployés sur la nature entière
Ne se fixent jamais sur un faible mortel.
Va, crois-moi, le plaisir est toujours légitime ;
L’amour est un devoir, l’ennui seul est un crime.
1778 - Poésies érotiques (Évariste de Parny, 1753-1814)
Illustration : Bernard Picart - Sémélé consumée par le feu de Jupiter - 1731
Bernard Picart (1673-1733) est un dessinateur et graveur français prolixe, habile à imiter le style des grands maîtres. L'une de ses œuvres les plus connues est Le parfumeur, une gravure on ne peut plus scatologique !
À ma bouteille.
Viens, ô ma Bouteille chérie,
Viens enivrer tous mes chagrins.
Douce compagne, heureuse amie,
Verse dans ma coupe élargie
L’oubli des dieux & des humains.
Buvons, mais buvons à plein verre ;
Et lorsque la main du sommeil
Fermera ma triste paupière,
Ô Dieux, reculez mon réveil !
Qu’à pas lents l’aurore s’avance
Pour ouvrir les portes du jour :
Esclaves, gardez le silence,
Et laissez dormir mon amour.
1778 - Poésies érotiques (Évariste de Parny)
Illustration : nature morte (lièvre, canard, bouteilles, pain et fromage) Oudry, 1742, Musée du Louvre.
Dur dur, le post-partum… Je viens d’envoyer à mon éditrice deux manuscrits sur lesquels je travaillais depuis plus d’un an. L’un est dans la continuité de Rêves brisés à Bollywood (photo) : un roman policier dont l’action se déroule également à Bombay, avec retour de certains personnages dont mon enquêtrice Mary Desuza. L’autre constituera le quatrième tome de la série Les chroniques de Rosling, à cheval entre les XVIIIe et XXIe siècles (photo des 3 premiers tomes). Les dates de parution ne sont pas encore fixées.
J’ai travaillé plus ou moins alternativement sur les deux. Comment fais-tu, me demandera-t-on, pour passer ainsi d’un univers à l’autre ? Parce que j’aime les voyages, bien sûr.
"Ne sachant que faire jusqu’à midi, Ziska décida de se promener et de prendre le temps d’observer la ville. Elle ne remarqua pas qu’à peine avait-elle tourné le dos, la vieille ramassait son panier et filait à pas pressés."
Extrait de Les ombres du château – Les chroniques de Rosling - 2, par Bernard Grandjean, aux Éditions du 38.
À commander à votre libraire ou à retrouver ici, (en broché ou numérique) ou sur les sites marchands :
https://www.editionsdu38.com/fr/39-romance
Illustration : Christian Seybold (1695–1768). Portrait d’une femme âgée avec un châle vert. Huile sur cuivre, avant 1768. Galerie de Peintures des Maitres Anciens, Dresde.
Dans l’Antiquité romaine, on comptait dix sibylles. Supposées capables de communiquer avec le divin, ces femmes rendaient des oracles, rarement très clairs. Représentations de la plus ancienne sagesse du monde, le christianisme les adopta, et les Pères de l’Église intégrèrent la littérature les concernant ; le Moyen-âge porta même leur nombre à douze et on les représenta dans les églises ! Leur culte s’épanouit au XVIe siècle et perdura jusqu’à nos jours dans certaines régions d’Europe : le "chant de la Sibylle", remontant au Xe siècle et annonçant la fin des temps, est toujours interprété à Majorque lors de la fête de Noël.
Au XVIIIe siècle, Voltaire leur redonna une actualité, par son "dictionnaire philosophique portatif" publié en 1764, dans le cadre des débats entre philosophes déistes et penseurs chrétiens. Cependant, à l’époque, les sibylles ont largement disparu des sujets de conversation, sauf peut-être dans l’expression "C'est une vieille Sibylle", pour qualifier "une fille âgée qui fait parade d'esprit et de science" (Dictionnaire de l'Académie française,1762). "Je n'aime pas ces maisons présidées par une Sibylle, qui donne le ton et qui le reçoit à son tour de tous ceux qui environnent son trépied." (Charles Palissot de Montenoy, cité dans le Dictionnaire critique de la langue française de 1787).
Les Sibylles n’en restent pas moins un bon sujet pour les peintres. Ainsi l’Allemand Anton Raphael Mengs, avec cette Sibylle de 1761 (turban jaune), ou Angelika Kauffmann en 1775 (turban blanc et manteau rouge). Par le vêtement et surtout l’attitude, sa vision de la Sibylle est assez proche de celle de Mengs, mais comme elle l’a peinte 14 ans plus tard, on peut deviner qui a copié sur qui !
"Tête de jeune fille regardant vers le bas à droite" - François Boucher, collection privée. Voilà bien ce qu’au XVIIIe siècl...