À ma bouteille.
Viens, ô ma Bouteille
chérie,
Viens enivrer tous mes
chagrins.
Douce compagne,
heureuse amie,
Verse dans ma coupe
élargie
L’oubli des dieux &
des humains.
Buvons, mais buvons à
plein verre ;
Et lorsque la main du
sommeil
Fermera ma triste
paupière,
Ô Dieux, reculez mon
réveil !
Qu’à pas lents l’aurore
s’avance
Pour ouvrir les portes
du jour :
Esclaves, gardez le
silence,
Et laissez dormir mon amour.
1778 - Poésies érotiques (Évariste
de Parny)
Illustration : nature morte
(lièvre, canard, bouteilles, pain et fromage) Oudry, 1742, Musée du Louvre.