L’enlèvement, une péripétie fréquente des romans du XVIIIe siècle, et même dans la vie des amoureux, à une époque où les "d'inclination" étaient rares…
Deux extraits des "amours du chevalier de Faublas" par Louvet de Couvray :
"Une heureuse nuit nous fut encore permise, pendant laquelle mon Éléonore, en ne cessant de me prouver sa tendresse, ne cessa de m'entretenir de son enlèvement, qui devenait indispensable. Nous convînmes que dans la journée prochaine je ferais tous les préparatifs nécessaires, et que la nuit suivante verrait notre fuite."
"Derneval avait prévu que nos deux amies auraient trop de peine à escalader le mur avec des échelles de cordes ; il s'était pourvu de deux courtes échelles de bois. Dorothée, depuis longtemps préparée à son enlèvement, fut bientôt dans la rue ; mais Sophie serait tombée vingt fois, si je ne l'avais suivie de près.
Arrivés à la chaise de poste, elle voulut m'y voir monter le premier.
— Mais, Sophie, l'honneur m'appelle !
— L'honneur ! eh ! ne vous ai-je pas sacrifié le mien ? Ingrat que vous êtes ! "
Illustration : l’enlèvement, d’après Jean-Frédéric Schall (collection privée).





